Sun Ship

Franpi, photographe et chroniqueur musical de Rouen, aime la photo, les concerts, les photos de concerts, la bière, les photos de bière, le Nord, les photos du nord, Frank Zappa et les photos de Frank Zappa, ah, non, il est mort.

15 octobre 2009

Thomas Grimmonprez - Bleu

Le batteur Thomas Grimmonprez est un musicien très recherché, avec à son actif un nombre tout à fait impressionnant de collaborations à son actif, qu'il serait trop long de citer en entier, tant le CV est consistant. Cependant, on peut noter qu'au delà d'une propension à participer à des projets de Grands Ensembles (notamment avec Patrice Caratini), il est l'alter-ego de la rythmique dans le trio de Stéphane Kerecki, dont le dernier album, Houria, est toujours pour le moment dans mon top 5 des meilleurs albums de l'année.
Dans chacun des projets où il a posé ses cymbales, Grimmonprez a toujours offert un jeu sec, précis, métallique, et toujours très polymorphe. Son projet "Bleu", sorti il y a peu chez Zig-Zag Territoires, est son premier album en tant que leader et surtout compositeur des huit morceaux qui le composent. Un album en forme de trio classique, formation qui permettait à Thomas Grimmonprez d'exprimer au mieux son propos, aussi direct que son jeu.
En retournant à ses sources lilloises en choisissant des musiciens qu'il côtoient pour l'accompagner dans cette atmosphère à la fois très sèche, groove et très ramassée, allant droit au but, il permet également d'éclairer la scène lilloise dans toute sa qualité. Bleu, c'est avant tout un climat électrique évoquant parfois l'esprit des circonvolutions funkisantes d'un Miles Davis estampillé seventies ou bien plus surement le Bojan Z de Xenophonia...
Bien sur, la présence du Rhodes de Jérémie Ternoy n'y est absolument pas étranger. Le piano électrique de ce très fin improvisateur qui utilise son instrument entre légèreté d'un jeu parcimonieux, comme dans le très joli "sans nom", ou encore la dureté d'une électricité chaleureuse, comme dans "Bleu" qui ouvre l'album est le pivot important de la musique de Grimmonprez...
C'est frontalement que les trois musiciens affrontent une musique aux atmosphères allant de la lumière à la nuit, dans toutes les gammes d'un bleu porté collectivement, un collectif exprimé jusque dans la pochette qui résume à elle seule l'album : urbaine, vivante, en mouvement mais sans cependant qu'une silhouette se détache de l'autre...
Le jeu de Grimmonprez est économe d'effet, sachant se sentir à la fois franc frappeur dans le morceau "Sphères" et s'offrir des passages coloristes et intériorisés dans le magnifique "sans glace". Si la musique est définitivement collective, on le perçoit cependant comme l'authentique leader de la formation, partageant la rythmique avec un magnifique contrebassiste aperçu dans le "Circum Grand Orchestra", Christophe Hache, qui fut l'un des bassistes de l'ONJ de Franck Tortiller, et dont le jeu limpide éclaire la relation du batteur avec son pianiste.
Il en résulte un album très cohérent, synthèse d'un batteur qui ne cherche pas à se mettre en avant, pas plus qu'il sacrifie l'efficacité et l'atmosphère à une virtuosité vaine, pour une vraie réussite.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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09 octobre 2009

Colloque Grands Formats

Je suis certainement actuellement dans le train, me rendant à Vendôme pour le compte de Citizen Jazz à un colloque organisé par l'association Grands Formats sur un thème tout à fait passionnant : "Les relations entre les orchestres de jazz et les collectivités territoriales face à leurs nouvelles responsabilités territoriales et nationales".
Il est bien entendu que j'en ferai un compte-rendu pour CJ, mais également que nous reparlerons ici des rencontres, des concerts et des enjeux de ce colloque. Je vous invite également, si vous me suivez sur Twitter à rester connecté, j'essaierai de laisser des messages de temps à autre en live-blogging !

Et une photo qui n'a rien à voir, pour patienter !

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08 octobre 2009

Retour sur Twitter

J'ai longtemps été très dubitatif par rapport aux réseau sociaux, bien qu'utilisateur de la première heure de MySpace, qui ne fait que confirmer tout les jours le constat fait ici de son véritable changement de statut : il m'est arrivé ces dernières semaines de deviser en direct avec un accordéoniste belge, un saxophoniste nantais ou un clarinettiste allemand, ce qui est rendu d'autant plus facile que la musique de marge a investi et investi de plus en plus ce lieu...
Si je n'ai pas changé d'avis sur Facebook, j'utilise Twitter depuis maintenant quatre mois. Et je suis de jour de jour convaincu que cet outil un peu étrange en 140 caractères est très utile...
Certes, j'en perçois à la fois les limites et des utilisations concrètes qui en font un réseau social vraiment différent des autres. Premièrement, je le trouve vraiment moins intrusif que les autres, et notamment Facebook, dont je ne perçois toujours pas l'intérêt. Twitter a cela d'intéressant qu'il permet de mélanger les médias : musique, photos. Il y a même un côté fascinant à suivre l'évolution des photos en temps réel, comme une fenêtre impudique sur le monde... En musique, c'est idem ; c'est très intéressant de découvrir les disques que ses contacts disent écouter en étant devant l'ordi, comme une forme frustre mais efficace de prescription...
Mais ce qui m'a séduit avant tout, c'est que Twitter est un réseau social de lecteurs, qui renvoient vers des liens, avec des textes plus longs que la formule SMS... C'est ce que certains journalistes benêts n'ont toujours pas compris : Twitter, lorsqu'on sait l'utiliser et sélectionner ses contacts, ce n'est pas dans les 140 caractères que l'intérêt se trouve, mais dans ce vers quoi ils renvoient -ou dans le bonheur de l'aphorisme définitif- ! C'est pour ça aussi que ceux qui ne se servent de l'outil que comme un affichage de com' se plantent : sans échange, sans curiosité ni découverte, Twitter a autant d'intérêt qu'un journal gratuit de petites annonces...
Et dire que je fais cet article panégyrique sur Twitter alors que le site connais un bug gigantesque depuis deux heures !

Et une photo qui n'a strictement rien à voir

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06 octobre 2009

Serein

Beaucoup de calme à venir, un peu de souffle pour reprendre un peu le fil de ce blog, des photos, de la musique, la journée fut très ensoleillée, peu importe les averses...
Juste une photo ce soir, j'ai juste envie de profiter du sommeil et de cette espèce de paix intérieure, d'errance joyeuse que je vais tenter de laisser me gagner...

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29 septembre 2009

Roland Kirk - Volunteered Slavery

Volunteered Slavery est un album important de la carrière de Kirk, même si ce n'est pas toujours celui que l'on cite en premier
On aurait pu parler de cet album à l’occasion de la sortie de l’album d’Olivier Temime, Breakfast in Babylon, puisque son groupe est une référence directe avec cet album de l’immense Roland Kirk. Je ne le fis pas à l’époque, et pourtant, ce disque mérite sa place dans les racines du bien par ce qu’il véhicule, par sa liberté et son approche visionnaire. Par le souffle fondamental de création qui inonde l’ensemble de l’album…
Se référer au Volunteered Slavery, c’est vouloir embrasser une musique totale, un spicilège ouvert en mutation de la musique noire-américaine dans son ensemble et même au-delà, tant Roland Kirk est allé chercher la musique et son inspiration dans l’air du temps. Pas de celui qui murmure aux oreilles des décideurs, mais plutôt celle qui rythme la rue et les âmes…
Roland Kirk est un musicien total, habité par sa musique, peut être la seule chose de laquelle il est bon d’être esclave ; surtout si l’on en est l’esclave volontaire. Le multianchistre reste célèbre pour jouer de trois saxophones en même temps, et d’être l’un des rares utilisateurs du « Manzello » et du « Strich », deux saxophones rares avec lesquels, grâce à une capacité respiratoire hors-norme il pouvait se permettre toutes les excentricités harmoniques. On ne saurait d’ailleurs faire ici la liste de l’ensemble des instruments utilisés par Kirk, mais sa volonté de recherche et de création ne s’arrêtait pas à la musique, se projetant dans l’utilisation –parfois délicieusement iconoclaste- des instruments…
Insolite, performeur, sauvage parfois dans ses traits de saxophones tranchants comme des lames portés par un enthousiasme communicatif, Roland Kirk reste souvent l’enfant turbulent d’un jazz en mutation et en perpétuelle création. Le limiter à cela, ce serait oublier la fantastique capacité d’improvisateur et de compositeur de ce musicien habité, et son ouverture d’esprit sur toutes les musiques en mouvement… Kirk était un musicien vénéré par Zappa, qui a joué avec lui, et c'est une autres dimension du personnage, plus politique, plus ancré dans un mouvement de contestation et d'éclatement des genres et des étiquettes.
Avec Volunteered Slavery, on est en plein dans ces axes musicaux.
Enregistré en live en 1969, avec parfois un son un peu crade, granuleux qui colle super bien à l'ambiance, au son, à l'attitude même de Kirk dans sa musique. Avec un groupe taillé pour le suivre dans les circonvolutions, les fausse-route, les envies, les musiques qui passent dans l'air comme dans la rue, Kirk passe d'une composition maison à "Hey Jude" des Beatles en un tournemain, Donne des couleurs à un composition parfaite de Bacharach, "Say a Little Prayer" qui assume ici un vrai fond de Soul rocailleuse, éclatante et tourmentée, loin de la douceur pétillante de l'originale, qui doit beaucoup à la foisonnante base rythmique, mais aussi et surtout au talentueux tromboniste Dick Griffin...
Volunteered Slavery est un disque indispensable par sa rage et par sa fougue, tout autant que par le talent de Kirk, qui se découvre ici cruement, presque violemment...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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19 septembre 2009

Alexis Thérain - Temps Mosaïque

Les albums solo de guitariste sont toujours des albums sur le fil, un peu casse-gueule, de peur sans doute de finir à bavarder voir à soliloquer entre technique et démonstration. S'il n'existe pas d'enregistrement commercialisé de cet exercice, l'un des plus beau solo de guitare qu'il me fut donné d'entendre fut celui de David Chevallier, il y a quelques années...
Quand ce solo est réussi, et ce disque de 2007 du guitariste Alexis Thérain l'est incontestablement, il permet d'ouvrir un monde très expressionniste, un voyage entre les cordes qui frappent le bois, une collection d'impression dans le glissement des doigts sur le métal, et une foultitude de détail qui laisse rêveur quand à la qualité exceptionnelle de la prise de son...
Alexis Thérain est un guitariste qui, après avoir été sociètaire du second ONJ de Barthélémy, participe aux aventures de Yolk et notamment du Gros Cube et du trio de Geoffroy Tamisier. Entendre Alexis Thérain dans le dernier disque d'Alban Darche, apportant une nouvelle voie au trio sous forme d'échappée belle m'ont fait ressortir cette galette qui est également sorti chez Yolk.
"Temps Mosaïque" est un voyage intime qui se fait sans artifice. Aucune volonté d'esbrouffe dans le jeu détendu de Thérain, qui ne cherche jamais à sortir du registre de l'impression, de l'évocation d'une temporalité propre. Le son est brut, les cordes scuptent le silence entre langueur et nouveaux horizons.
Le voyage est là ; mais il n'y a pas de fanfreluches de bohème. Le temps est froid, il alterne entre le sec et le pluvieux comme entre la guitare sèche et une électricité mesurée. Les deux atmosphères ne se croisent qu'une seule fois dans un overdub unique sur un titre, "Limousine". Une limousine aussi luxueuse qu'usée par le temps et la route. La mosaïque se scelle, entre jeu de mots en morne plaine comme dans le morceau "Vers l'aisne" et errance comme dans le morceau "Calme".
Errance, le mot est lâché. Le disque de Thérain évoque tant par son esthétique musicale que par la pochette l'Errance chère à Depardon, ce temps suspendu et contrasté entre solitude et ouverture sur le monde, entre vide et graphisme, entre abandon et construction rigoureuse.
Un vrai temps mosaïque...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir ? A vous de me le dire...

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14 septembre 2009

Syntax Error

On a déjà pas mal parlé de Syntax Error, ici ou ailleurs; Dans la valse des étiquettes, il n'y a rien de mieux que des musiciens qui cherchent de nouvelles voies, de nouveaux chemins entre Jazz, Rock, ou tout autre biosphère qui conviendra au propos.
Tout le bien qu'on peut penser de Syntax Error se traduit dans un disque autoproduit que l'on peut se procurer en contactant le Collectif des Vibrants Défricheurs, où en se rendant dans les concerts du trio, ce qui promet une fort bonne soirée ! Il était nécessaire pour ce power trio de se trouver plus d'espace, de déconfiner cette musique pour qu'elle puisse respirer, profiter de la puissance, prendre la place qui lui est nécessaire ; c'est chose faite avec ce disque qui nous permet de gouter les tréfonds de la virulence, de la violence d'un propos écorché.... Mais surtout qui nous permet de sentir qu'au delà de la puissance, il y a une finesse du chaos, une subtile brutalité, notamment dans le jeu de basse de Thibault Cellier, remarquable quand il s'agit d'adoucir le jeu exubérant du batteur Jérémie Piazza ou au contraire d'acidifier un peu plus le propos du guitariste...
Parlons en : Sylvain Choinier est un guitariste incroyable, sec et impétueux, capable d'inprovisation bruitiste et introspectives comme d'envolées au propane qui vous assèche la bouche et vous donne des fourmis dans les pieds. Il y a un fond de rue noir et pluvieuse, il y a le souffle de la ville et sa tension... Syntax Error, c'est Gotham City ramené à la puissance
Syntax Error n'est pas un groupe de jazz ; dont acte, puisque les musiciens veulent l'inscrire dans le rock, dans un blues urbain et fiévreux qu'on pourrait presque qualifier d'industriel, si le terme n'était pas autant galvaudé... on retrouve cependant souvent des épices, des envolées électriques jazz : Ribot, Ducret bien sur, mais aussi, au détour d'un morceau doux-amer, mandarine, l'ombre planante d'un Pastorius qui aurait survécu aux années 90.
On peu regretter, parfois, de loin en loin, qu'il manque une voix pour accompagner le groupe. Une scansion tendue comme dans Zone Libre qui partage les mêmes fantasmes de ville. Mais c'est une impression fugace, qui passe au gré des sons bruts de ces excellents musiciens.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

01_Les_Sables

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10 septembre 2009

Vendée

Demain soir après le taf, goinfrerie de kilomètres comme des sandwiches mous de point autoroutes pour rejoindre le port familial afin d'y fêter quelques évènement familial, rien de bien folichon à raconter sur le blog, sauf que cela signifie quelques photos d'océan à venir et de soleil en rab. La mer en septembre, un peu froide mais surtout libéré de la foule promet quelques plaisirs...
Outre les libations familiales, une pile de disque sous le bras. Je viens de recevoir une grosse dose de galettes et il y a du lourd...
Restez dans les parages ; je ne vais pas vous laisser seuls ce week-end...

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26 août 2009

MySpace's not dead...

...But it smells funny.
Un excellent article de New Wave Hooker interroge sur l'avenir de MySpace et sur sa mort programmée, annoncée, décriée... Il ne faut pas se le cacher, MySpace qui fut précurseur dans beaucoup d'utilisations des médias sociaux a perdu beaucoup d'intérêt pour une frange de ses utilisateurs à l'apparition de Facebook, le "Copains d'avant" hype. Mais musicalement, quel intérêt puisqu'il n'offre pas la possibilité de se balader dans du "contenu" musical, photographique ou autre ?
En réalité, mis à part une communauté factice, comme peut l'être d'ailleurs une certaine forme d'utilisation de MySpace, Facebook n'est pas grand chose. Un "the place to be" parmi d'autres.
MySpace a une qualité majeure, celle de permettre une vraie découverte en baguenaudant, en se laissant aller de pages en page vers les goûts de chacun des membres. Ça permet de découvrir des scènes régionales, des groupes improbables ou des affinités électives que l'on imaginait pas forcément... Bref, de se faire un bon surf à l'ancienne tout en ayant la certitude de rester dans une sérendipité contenue à ce qu'on venait chercher : de la nouvelle musique et des nouveaux groupes.
Là où l'article de NWH a raison, c'est sur le constat de l'OPA ratée de MySpace sur la musique Pop. A force de claironner partout que toute la musique passait sur le site, il ne s'y place plus grand chose de global. Tout a été tenté, des "MySpace Secret Show" aux partenariats, mais il semble que les artistes cornaqués par les Majors soient allés plus ou moins se faire voir ailleurs. Panurge oblige, tous les groupes "garagistes" et tous les "fans" ont suivi les stars dans ces ailleurs qui condamnent à terme le vénérable espace. Soyons clair, cela a un bienfait : on évite, ou du moins on limite les invitations à aller écouter l'énième groupe de rap français en plein egotrip et le tantième groupe de pop anglaise de Laval qui massacre un mauvais synthé sur une voix d'oie blanche.
La preuve que ça va mal, il n'y a plus non plus de spam de jeunes dépoitraillées de Frisco qui veulent trop devenir potesse avec toi.
Là où l'article de NWH a tort, c'est que MySpace est entrain de muter, vers un modèle économique qui le condamne peut être tout autant : celui de la promotion des musiques de marge. MySpace, son design cheap, sa facilité d'utilisation et son architecture qui favorise les collectifs permet à des musiciens qui peinent à faire entendre leur musique de se reproduire un réseau musical au delà des limites de leur rayonnement. Je ne compte pas les liens sur ce blog vers des groupes, voire vers des musiciens présents dans les groupes qui ne sont ni sur Deezer, ni sur MusicMe, ni sur Spotify (dont les labels indépendants sont le cadet des soucis), ni sur quoique ce soit d'autre, et qui peuvent s'en faire un site qui permet au lecteur de mes chroniques par exemple d'aller écouter in situ leurs productions.
En réalité, MySpace n'est presque plus dans le buzz, et donc déjà moins dans le business. Ce n'est pas le moindre de ses défauts.
MySpace a permis à des passionnés comme moi de mettre en lumière des scènes régionales, d'aller plus loin et de nourrir aussi les chroniques, de faire des découvertes et de rattraper les lacunes... Et surtout de contacter les artistes pour des interviews, des demandes d'envoi presse, etc. Et c'est un gain de temps appréciable. Et de ces points de vue là, MySpace a encore beaucoup d'avenir devant lui.
Après, évidemment, il y a Twitter. On n'a pas fini je pense de se rendre compte de l'intérêt de cette immense cour de récré pour la prescription culturelle et la diffusion d'info, d'autant que tous les jours de nouvelles fonctionnalité s'ajoute, et anihilera peut être à terme l'intérêt de MySpace pour la découverte et la promotion des musiques et a fortiori des musiques de marge. Mais Twitter est bien plus vertical que MySpace. Il n'y a que de la prescription de l'instant qui se périme aussitôt. Donc là aussi, il ne faut pas croire que la maison bleue a définitivement jeté l'éponge.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir.

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23 août 2009

Unité de lieu

Le Havre a beau changer, prendre des atours de ville balnéaire que ne sera jamais cette belle ville moderne et industrieuse, où le paradoxe veut qu'elle est devenue patrimoine sous la férule de ceux qui la disait laide, elle restera toujours la ville debout, fière, ouvrière qui ne s'embarrasse de Casino et de petit train que pour abuser ceux qui ne voudraient pas voir.
Le Havre reste toujours ce petit bout de New-York dans mon imaginaire, avec sa plage vide où l'on se promène la tête rentrée dans un coupe-vent de plastique en laissant mon chien courir devant, ces satanées cassettes qu'il fallait retourner, après avoir consciencieusement pompé les disques là où il se trouvait, construisant les futures chroniques que vous lisez ici ou ailleurs.... Je n'ai plus de chien, je ne suis plus au Havre, et il arrivera un jour, tardif, fusse-t-il le plus tardif, où je n'aurai même concrètement plus rien à y faire....
Je crois que toujours je passerai quelques heures de temps à autres à contempler la mer en se tordant les chevilles sur ces putains de galets, gouter la lumière de l'hôtel de Ville et l'abrupte béton du Volcan, en se demandant par quel miracle les concerts ont migré vers la mer...
Le Havre, ce sont des lignes, de l'épure... Ce que j'aime en photo. J'ai décidé de labourer une autre ville et de défricher d'autres terrains, de m'inscrire dans d'autres lieux pour y délivrer d'autres projets, mais qu'importe je crois, dans le fond il restera toujours une place à part pour le roulis continuel des galets...

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