14 juillet 2008
Ils sont Partis
Depuis quelques heures, Rouen a repris son visage, il n'y a plus de mats qui dépassent, plus de benêts avides de chapeaux publicitaires à l'effigie de la Matmut, plus de bruits lancinants d'hélicoptères stationnaires goinfres d'essence pour surveiller une manifestation avec des bateaux qui se targuent de respecter le protocole de Kyoto. Oui, c'est aussi ridicule que de faire des sandwiches bio aux 24h motonautiques.
C'en est fini de cette manifestation qui me laisse pantois, voir des bateaux arrêtés aux milieux des invasions de témoins de Jéhova, venus vendre leur camelote sans que la maréchaussée n'intervienne...
Rouen a repris sa petite marche silencieuse, mais ce n'est pas ça qui me réjouit, cet immobilisme sournois m'a toujours agacé, mais j'aimerai tellement que ma ville bouge un peu tous les jours ou pour des choses qui sortent un peu de l'ordinaire, plutôt que de faire du moutonnesque tous les cinq ans, qu'elle fasse plus de cas de sa scène, plutôt que de vouloir garnir sa Seine de majestueuses coquilles que je trouve amputées, comme punies dans le Petit Bassin. Et quant à la scène, que tchi, on va chercher des vieilles momies sur le retour et des rockeurs piquants comme de la grenadine en laissant les rogatons aux artistes du cru qui sont pourtant vivaces.
Ne soyons pas méchants, quelques collectivités sur des scènes annexes avait joué correctement le jeu. Mais sur la grande scène, pour une maison Tellier, Ou étaient Nina Bobsing, Le Baluch'trad, La Soucoupe Cassée, Steeple Remove, The Elektrocution, et même Tahiti 80 ? Alors que la plupart des gens venaient hors de Rouen, où est la politique de promotion des artistes du cru ? mais c'est vrai que vu la moyenne d'âge, il valait mieux Auffray, le type auquel je ne pardonnerai jamais les multiples adaptation moisies des poésies de Bob Dylan...
Que j'aimerai tant que Rouen soit célébrée pour ce qu'elle est, cette ville ouvrière franche et multiple, ce creuset réputé d'artiste, ces rues de vieilles pierres... Plutôt que cette honte des usines, ce quartier muséal coincé comme une rosière et cette volonté absolument mortifère de vouloir faire du moche sur la Seine en croyant faire du populaire.
En clair, je voudrai un vrai festival de musique, la fierté rendu à son Opéra, des travaux de plasticiens auprès de la Cathédrale qui change des "pixels" qui ont un peu vécu, et qu'on se rapproprie la Seine et son Histoire plutôt qu'en faire un disneyland de bateaux de bois ou d'abrutis qui tournent pendant 24h. J'ai essayé de m'intéresser à ma ville pendant la dictature des bateaux... Mais où étaient par exemple les terrasses du Jeudi ? N'y avait-il pas de Rouennais qui souhaitaient passer un moment en dehors des bateaux ? Pourtant j'en ai vu plein, et pas seulement de ma coterie !
Je vais encore passer pour l'aigri de service, mais j'ai essayé de vivre une armada autrement... Deux jours d'euphorie mais ce n'était pas possible : les bateaux ont agi comme un trou noir sur les autres coins de la ville...
Alors voilà, la dernière photo, les quais délestées des bateaux, des quais qui devraient s'inspirer de Toulouse, Budapest ou Londres pour faire revivre ses berges plutôt que d'inventer un passé qui n'existe pas...
Y'a du boulot.
13 juillet 2008
Ca tire à sa fin...
.. Et c'est pas plus mal. Le public dont l'âge semble augmenter à mesure que la semaine avance (on en est presque à ce demander si la vision de mâts de navire n'a pas une influence directe sur le vieillissement précoce des tissus et de l'apparition de plaies variqueuses...) avec comme corolaire le fait d'avancer en groupe, de ne pas laisser passer les gens et de ne pas savoir se servir d'un ticket de bus et de nous gratifier de considérations magnifiques sur l'abus de pastis (entendu dans le bus hier : "Moi je marche à l'EPO, Eau Pastis Olive", c'est Kersauzon qui a du débarquer en Normandie avec sa cohorte de beaufs).
Si les éditions précédentes étaient synonymes d'euphorie, de concerts parfois surréalistes (ah... la Campagnie des musiques à ouïr en première partie de Manau) et de chaleur incroyable, celle-ci aura été synonyme d'ennui profond, de concerts en coma dépassé, de pluie et d'évènements religieux dont on se demande bien ce qu'ils viennent foutre là !
Bref, c'est pas tout ça, mais...
10 juillet 2008
Mes voisins les Armada
Le soufflet retombe à mesure que la pluie décuple, Et la foule était moindre, le quartier Pasteur détrempe et les chasubles de pluie fleurissent. Même les hélicoptères se taisent !!
Mais ça fait des photos sympa...
09 juillet 2008
Cordage
J'ai donc été errer sur le quai ce matin, dans une lumière sans relief. Dès huit heure du matin le quai est chargé de marins d'eau douce qui banalisent sur la beauté des navires. Des dizaines de gars -eh, ben oui, c'est phallique- se promènent avec des téléobjectifs énormes et se toisent, avides. C'est bien simple, on se croirait sur un forum photo !
Bon, le fait est que ça a beau faire professionnel, je vois pas trop l'intérêt du télé gigantesque pour faire des photos de bateau.. Et comme ce matin j'avais pris mon sac de tortue Ninja, j'ai vissé le mien qui ne me sert que pour les concerts, pour voir ce qu'on pouvait en faire... Pas sur que j'ai fait la même, je ne regardais pas dans le même sens.
Une chose est sure, l'armada est une affaire de corde, de ligne, de boute, mais peut être pas de bateaux !
08 juillet 2008
La pluie fait des claquettes...
...Sur le trottoir à minuit Parfois je m'y arrête Je l'admire, j'applaudis...
Mal dormi cette nuit, le vent portaient du Hangar 23 et les ronds stationnaires des hélicoptères portait sur les nerfs comme des walkyries en miniature, Alors pour se donner du courage, du Nougaro dans les oreilles, et du à propos, faut bien se le dire. Le temps est morne mais la pluie n'arrête pas le pèlerin, et le pèlerin tout comme à Lourdes a en moyenne plus de 60 ans...
Mais l'espoir revient, et pas seulement parce que la fin approche, mais aussi parce que le soleil revient. Demain j'irai faire mon quaiquai sur les quais...
07 juillet 2008
Le Cuivre Mary
Triste lundi, il y a des prophètes de salle de bain qui auraient du éviter de se lancer dans la variété, parce que les visiteurs de bateaux, aujourd'hui, ils ont tâté du vrai temps rouennais légendaire, avec le soleil moite qui réchauffe à peine l'ondée soudaine.
C'est fou ce qui déambule entre les rives, et ce dès 8h00 le matin, et ce qui bouscule son monde de peur sans doute que les mats s'envolent. Sur la place des emmurées, Orphéon Piston s'amuse a mettre de l'ambiance dans les quartiers de l'arrière-cour, sous le petit parking parce qu'il pleut, et parce que -les gros malins- ça fait une furieuse caisse de résonance qui amadoue tout le quartier. Les gens pressés ralentissent le pas, les gamins s'écarquillent devant le soubassophone et Amar, le vieil Amar, le premier gars a qui j'ai adressé la parole à Rouen passe avec amusement en profitant de sa retraite.
C'est plutôt ça le Rouen que j'aime, de celui qui sort les cuivres plutôt que les bateaux...
05 juillet 2008
Band of shadow
La corne de brume a retentit et tout aussitôt la pluie est venue pour fêter l'armada... Les quais dans un soleil verdâtre fêtait les premier bateaux hier, alors que rien n'était commencé... En surplombant la ville on se rend compte d'un bruissement plus sourd, entrecoupé par les sirènes et les cris des corps saouls tentant de singer une rue de la soif d'une Bretagne de carton...
C'est l'ombre d'une fête de 10 jours.
04 juillet 2008
Derrière la fête...
Ça ronronne en ville, qui semble toute droit tournée vers une mer qui n'est pas là, et la saignée maritime qui sépare historiquement le côté populaire qui voit le Patrimoine de la bourgeoisie qui voit ses usines est gavée de chimères multi-mâtées....
Dans les rues touristiques certains restaurants ont changé leur cartes pour arnaquer le chaland, qui semble prêt à tout pour qu'on lui vende du goéland en plastique devant un plat de bulots fatigués. Mais l'ambiance à la flânerie a un petit côté sympathique.
Derrière la fête, certains cherchent peut être autre chose...
Sequano attentes, en quelques sorte...
03 juillet 2008
La diagonale Vespucci
Allez, je ne vais être despotique, je vais vous montrer du bateau... L'Amerigo vespucci, fier 3 mats est arrivé ce jour... Autour, des papys qui devisent sur le fait qu'avant, on ne mettaient pas d'arceau de sécurité pour grimper au mat... On mourait aussi.
On prend des photos de familles, et le vendeur du Figaro fait peine à voir à vendre ses posters moisis en beuglant des slogans de sous-fête de la bière.
Sous le pont, les gamins ouvrent les yeux et les vieilles me toisent : mais pourquoi il s'agenouille devant un poteau, celui-là ?
L'armada Autrement
Vous le savez sans doute, Rouen va être embouteillé et plus polluée qu'à l'accoutumée va accueillir du 5 au 14 juillet les bateau à voile de l'armada 2008, synonyme de foule, de bousculade et de festivités un peu aussi.
Je n'ai pas prévu d'y passer du temps, mais comme je passe le pont tous les jours, et que les lumières sont finaudes en ce moment, je vais essayer de couvrir l'évènement à ma façon, et pas forcément avec des bateaux, juste avec mes gens seuls et mes angles bizarres...
Je ne couvrirai pas les concerts en revanche. Hugues Auffray et Bashung ça m'est contre-indiqué, j'ai un mot du médecin...















