Sun Ship

Franpi, photographe et chroniqueur musical de Rouen, aime la photo, les concerts, les photos de concerts, la bière, les photos de bière, le Nord, les photos du nord, Frank Zappa et les photos de Frank Zappa, ah, non, il est mort.

30 juin 2009

Canicule

En rentrant ce soir, accablé de chaleur et avec la seule envie de me coller sous un pluie d'eau glacée avant un rhum-coca qui ne pourra être que salvateur, espérant retrouver l'herbe verte et les vaches du plateau ardéchois dans quelques jours, je pensai que j'allais être motivé pour parler musique : j'ai quelques galettes sympathiques... Mais comme la chaleur me pèse et me ralentit, je n'en ai guère été capable : il fallait que je finisse quelques articles pour Citizen Jazz (et notamment une chronique de l'hommage à Kodaly du Mihaly Borbely Quartet que je n'arrivai pas à boucler et dont on reparlera très vite !), que je réponde aux débats passionnants qui se font jour...
Alors ce soir, une petite photo, c'est tout. Le blog prend ses quartiers d'été ! durant le mois de juillet et d'août, au delà des congés annuels rituels vont revenir les racines du bien et les ballades photographiques...

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29 juin 2009

L'industrie de la balle dans le pied

Ce qui est bien avec la mort de Bambi, outre de permettre de confirmer l'attirance malsaine pour le factuel clinquant de nos médias de masse -et de faire grimper les stats de Sunship !-, c'est de mettre un peu plus en lumière le cynisme intégral des grandes majors qui tournent en rond sur quelques artistes calibrés surfant sur la même vague depuis les années 80. Il y eut dans les nineties une petite révolution de palais avec l'arrivée du Hip-Hop et d'une musique électronique inventive et libre se développant sur des réseaux parallèles, mais les majors ont usées de leur grand pouvoir de nuisance pour réduire cela au silence.
Pendant ce temps, donc, plusieurs articles sur le net permettaient une analyse du phénomène de la "crise du disque" dont on nous rebat les oreilles. En raccrochant les wagons de ceux-ci, on peut en retirer une constatation assez sybilline : la crise du disque est un magnifique prétexte pour la standardisation des goûts et la fidélisation d'un public captif, peu curieux et surtout qui ne porte à la musique qu'une valeur de code (social, vestimentaire, communionaire).
L'article de BBB est à ce titre un exemple très parlant d'une industrie qui ne voit plus dans la musique qu'un support ludique d'autres moyens de communication commerciale. Dans les clips des années 80, on voyait une bouteille de Pepsi. Aujourd'hui, c'est le produit qui fait vendre la musique, quand elle n'est pas donnée en échange. Plus qu'un changement radical de l'objet vendu, c'est un renversement total de la philosophie même de la soit-disante industrie culturelle : ce n'est plus le produit qui sert la musique, mais l'inverse.
La crise du disque n'est pas la crise de la musique, mais la crise de la standardisation.
Comme le révèle cet article du Guardian dont l'exégèse est faite sur Fluctuat, ce n'est plus que les amateurs de pop achètent moins de disques qu'avant. C'est que le rapport qualité-prix d'un disque mainstream, où seul la chanson qui aura servi à vendre le téléviseur ou le yaourt a un intérêt ne fait plus le poids face à d'autres produits culturels moins "kleenex" comme des jeux vidéos... On rejoint la même constatation que précédemment : la standardisation, le recours massif à l'auto-tune qui permet de vendre des produits qui n'ont même plus besoin d'avoir ne serait-ce qu'une once d'approche musicale a fait dépérir un marché qui n'est plus attractif pour autre chose que de vendre des meubles en kit ou des sous-vêtements vulgaires pour danser dans les campings.
Bref, de l'espace disponible.
A ce niveau, une deuxième constation s'impose : L'industrie musicale de masse ne fait absolument plus le même métier que les labels indépendants et les passionnés. Il faudrait donc que ces gens, et notamment sur des sujets aussi grave que le droits d'auteur cessent de se réclamer de l'industrie culturelle. Quand on produit de la musique pour vendre des lunettes de soleil, on n'est pas producteur, on est oculiste...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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27 juin 2009

Z'avez pas vu Bambi ?

Sauf à débarquer d'un vaisseau piloté par Sun Ra et qui aurait fait le tour de la galaxie en 48 heures, vous ne pouvez pas avoir manqué l'information concernant la seconde mort de celui dont l'activité musicale récente aura donc été d'essayer de liquider les droits des Beatles.
Que l'on ne se détrompe pas, il ne s'agit pas de faire une épitaphe en forme de crachat sur un artiste de pop, ni meilleur ni plus mauvais qu'un autre, tant les produits sont lisses et manufacturés.
Michael Jackson fut un très bon danseur. Mais comme on fait rarement des disques de danse, il lui aura fallu s'entourer, ce qu'il fil fort bien pendant 15 ans. Il y a dans la discographie de Jackson d'excellents morceaux, tant qu'il était cornaqué par Berry Gordy ou par Quincy Jones. Pour le reste, il suffit de regarder Miles, George Clinton ou Prince pour comprendre qu'on ne lui aura fait que recycler en marketing pour soda les ponts jetés entre les musiques pour les couper derrière lui au nom du sacro-saint mainstream. Ne parlons pas de la chanson humanitaire élevée au rang de 10ème art, c'est déjà fait.
Voila ce qui agace dans la flagornerie grotesque qui semble s'être emparé du monde entier... Il y a même des journaux pour parler du "11 septembre de la pop-culture"... Il y a des gens qui devraient songer au ridicule confit de leurs envolées lyriques quand elles seront lus par les historiens.
Le 11 septembre de la pop-culture, c'est un jour sans fin depuis que les marchands de soupe ont fait de la musique un produit. Les larmes de crocodiles se sècheront vite. Lorsque Prince mourra, il aura deux lignes et 1'30 dans les grands journaux... Quand un journal de masse vous parle "d'incroyable talent", comptez-le avant tout en nombre de disque d'or...
C'est encore avec le journal de 20h de France 2 d'hier que les sommets sont atteints. C'est le journal le plus symptomatique de ce qu'est devenu le média de masse ; la soupe n'est plus servie, elle est passée à l'entonnoir.
Direct.
36 minutes. C'était la durée du journal. Dans un monde où il y a une révolte en Iran, un président qui décide seul d'un référendum déjà voté en 2003, des tensions au Niger ou au Honduras ou encore des licenciements partout, lorsqu'il est question de la mort de l'employé du siècle de l'industrie musicale, cela dure 25 minutes ! 25 minutes parmi lesquelles les images d'archives se succèdent aux hommages poisseux, avec Philppe Manoeuvre en fil rouge... Belle reconversion pour celui qui est entrain de devenir le Léon Zitrone de la pop-culture !
Voilà, Bambi est mort ; ca me fait froid dans le dos de penser qu'un jour ça arrivera immanquablement à Jaunie.

Et une photo qui strictement rien à voir. Tant mieux pour elle.

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26 juin 2009

Elise Caron & Lucas Gillet - A thin sea of flesh

Elise Caron est une voix, une personnalité et une présence. Dans un monde parfait, Elise Caron serait incontournable, définitive, adulée par les foules. Il n'en est rien et l'on se pâme ici et là sur Céline Dion. Le monde n'est pas parfait et Elise n'a un succès magistral que pour les salles qu'elle a envouté. Heureusement, elle sont nombreuses.
Femme de scène, chanteuse capiteuse à la fois douce et vénéneuse, capable de toutes les interprétations et de tonnes d'expressions dans la voix, Elise Caron choisit ses projets et les fait vibrer, les sublime et les habite. Des projets souvent tournés vers la littérature, la poésie, le mot monté en joyau sur une voix sublime : Archimusic et Sade, John Greaves... Tout ça, je l'ai déjà dit ; découvrir Elise Caron dans ses projets jazz et chanson est une claque d'où l'on ne revient jamais vraiment.
Dans le projet qu'elle signe avec le compositeur Lucas Gillet, remarquable compositeur, le propos se renouvelle encore. A thin sea of flesh, un fine mer de chair définit dans son titre le propos : une musique organique qui flotte dans les limbes de Dylan Thomas. Une musique effacée parfois qui emmène Elise sur des champs qu'elle a parfois tangenté : ceux de Wyatt ou de Marcoeur, d'une musique sensible et fragile comme du verre chauffé à blanc.
Il y a de la passion et de la terre dans les musiques de Gillet comme dans les poèmes de Dylan Thomas qui servent de cadre à l'album. Un Dylan Thomas qui vécut vite et offrit une poésie légère comme l'air qui s'inscrit parfaitement dans le propos de l'album.
On oscille parfois entre une pop arty et de fines abstractions de jazz dans lesquelles Elise Caron se ballade entre naturel et évidence, chaleur et raffinement... Avec d'autres interprètes, tout ceci aurait pu être froid, distancié, cérébral. Mais Elise Ne tombe pas dans l'ornière de l'icône arty pour tracer sa route musicale.
"And Death shall have no dominion" dit l'un des morceaux, peut être le plus beau... C'est la chaleur de la voix d'Elise qui l'en aura chassé.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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25 juin 2009

Relié pleine-peau

Il est de bon ton de se goberger sur la nomination d'un vrai lettré au ministère de la Culture, ce qui, il est vrai n'était pas arrivé depuis Jacques Toubon longtemps.
Mais la question est de savoir si ça changera quelque chose. On sait le bonhomme fan d'Ozu et de Visconti, connaisseur d'un jazz de facture classique, féru d'art contemporain, de littérature classique...
Sur le fond, cela n'en prend pas le chemin ; je doute qu'il y ai quoi que ce soit de remis en cause sur La lettre, qui explique en partie le marasme culturel et, disons le mot, la haine du fait culturel tel qu'on peut le voir depuis longtemps dans les milieux qui trouvent du charme au pouvoir.
Les questions centrales resteront le droit d'auteur, le financement des projets culturels visant à la cohésion sociale et la transformation de la société et le régime des intermittents.
Au mieux, n'attendons rien. Le nouveau ministre ne changera sans doute rien à la politique hadopiste et les artistes qui essayent de griser les villes bistres d'ennui se feront toujours traiter de pouilleux sur les forums de la pensée en boîte de Libéro et Figation...
En fait, ce ministre, je le vois un peu comme un livre en papier bible, relié pleine-peau, casé dans une bibliothèque ouvragée en bois précieux des colonies de la République, elle-même installée dans un bureau ministériel : c'est décoratif, personne ne l'ouvrira jamais, ça créé de la distance avec le visiteur, ça jaunit de poussière et ça impressionne le cuistre.
C'est une conseillère qui décrit le mieux la situation de la culture en France, finalement peut-être malgré elle dans cette interview. "[Le Président] est là, comme il est ailleurs : quand il lit Maupassant, il lit tout Maupassant" (a-t-il souffert sur Bel-ami ?). La Culture en France en est là. On lit "tout Maupassant" et on subventionne moins les festivals.
Et ce n'est pas un beau livre, a fortiori "L'intermède Romain" de Drieu La Rochelle qui y changera quelque chose.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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23 juin 2009

Vian

Voilà donc 50 ans que Boris Vian n'est plus de ce monde, même s'il flotte certainement dans quelques limbes pataphysiciennes.
C'est étrange, parce que je me dis depuis un mois que je me dois de faire un papier sur Vian, et au moment de me mettre devant le clavier, je peine à trouver mes mots. Vian, reste un incontournable.
50 ans, et il suffit de se replonger dans ses chroniques de jazz pour comprendre qu'il a absolument révolutionné la forme littéraire de la chronique musicale et la note de pochette (le truc qui n'existe pas avec les MP3...). 50 ans, et il suffit de lire ses foutages de gueules homériques d'Hugues Panassié et sa triste haine du bibope pour regretter qu'il n'ai jamais pu se prendre de face les souffles catharsiques du frijazze. 50 ans et il suffit d'entendre la voix séminale de Magali Noël qui chante "Nous avions 20 ans" pour sentir une petite pointe de nostalgie. Eternelle.
Je me penche, je plonge de nouveau depuis quelques semaines dans les romans, les chansons, les poésies aussi... Je ne peux toujours pas lire l'Ecume des Jours sans une petite brume dans les yeux, et au risque de me répéter, le rythme des chronique de disque est un modèle d'école. Lorsqu'on parle des grands chroniqueurs ricains de Rolling Stones, de Pacadis ou de Bayon, il serait également loisible de relire les chroniques libertaires et d'une précision d'épithète parfaite de Boris Vian.
Sans l'écume, lu à 12 ans, piqué dans la bib maternelle au hasard, je n'aurai peut être jamais aimé le jazz, acculturé par ricochet, même si c'est venu plus tard...
Et sans tout le reste, je ne serai peut être pas entrain de taper sur ce clavier.
Alors, comme il n'aurai pas voulu crever sans avoir vu les singes à cul nu, dévoreurs de tropiques...

Ben voilà.

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22 juin 2009

Touitteure

j'ai utilisé Twitter suite à sa présentation par une utilisatrice qui en a elle même un regard très distancié. J'y ai trouvé mon compte, tout en partageant son opinion.
Twitter est agréable en tant que résurgence d'un web détendu tel qu'il n'existe plus dans les forums. Soit un espace de babillage informel qui permet cependant de choper des liens intéressant auprès d'internautes plus ou moins concernés par les mêmes choses, tout en continuant à badiner et à persifler dans un mode d'écriture frisant parfois l'aphorisme.
Bref, on s'y amuse bien, avec des gens de bonne compagnie en pouvant s'offrir le luxe d'éviter les trolls et c'est finalement le principal...
Des "réseaux sociaux", j'en utilise donc deux : MySpace parce que c'est là qu'on fait la meilleure place aux artistes et surtout aux musiques de marge, et désormais Twitter, plus par suivisme et mauvais esprit qu'autre chose, je dois bien l'avouer...
Twitter reste encore plus un cimetière que les forums, et j'ai peur que nos marchands de soupe éditoriaux ne s'en serve comme d'un magnifique bâton à tordre dans l'autre sens encore plus efficace que les autres, sur le mode des "zinternautes qui veulent du factuel et de la concision". Il n'y a qu'à voir les récents emballements médiatique sur Twitter et l'Iran pour comprendre qui s'agit là de justifier le fait de rester au bureau...
Tout ça pour dire que demain mardi 23/06, je participe à la première Twittparty -mon dieu- organisée à Rouen, au 3 Pièces, à partir de 19h30... Pour le plaisir notamment de retrouver des gens que j'aime bien !

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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21 juin 2009

Défaite de la Musique

Oui, tous les ans, je ferai le même titre.
Désormais, à chaque fois que je songe à la fête de la musique, aux kilomètres de cacophonies vomitives dans les rues des villes, je penserai à Jack Lang et à mon premier prof de musique.
A Jack Lang d'abord, parce que que c'est lui qui a créé ce Frankenstein qui rend autant hommage à la musique qu'une Bavaria rend hommage à la bière, ce qui constitue en lui-même une performance.
Finalement, tout ça part certainement d'un bon sentiment, de vouloir promouvoir les artistes, mais ça termine en chaos organisé par les marchands de soupe déguisés en dealer de bière frelaté, qui exploitent les groupes et ne les mettent pas en bonne condition pour jouer, tandis que les sonos hurlantes empêchent les petits groupes de passionnés de se taper des boeufs...
Lang devrait y songer quand il défénd la loi Hadopi. Finalement, c'est le même mécanisme.
A mon premier prof de solfège ensuite. En 82, j'étais en premiere année et le système d'apprentissage de la musique n'était pas le même qu'aujourd'hui... A l'époque, nous n'avions pas le droit de jouer d'instrument avant d'avoir fait du solfège. On apprenait la musique aux enfant non pour qu'ils l'aiment, et leur donner les bases occidentales d'un langage universel, mais pour préparer une classe pédante et raffinée à comprendre l'Opéra et à travailler ses maths... Le prof nous avait dit de ne pas écouter de rock ni de jazz, ce n'était pas de la musique... Il s'en est fallu de peu que cet apprentissage stupide me dégoute à jamais.
Un jour de défaite, il est bon de s'en souvenir.

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20 juin 2009

Le Soufflé aux Eclisses

Découvert lors d'une visite parisienne au Souffle Continu, le duo du trompettiste Jean-Luc Cappozzo et du contrebassiste Claude Tchamitchian paru sur le label tarbais "la nuit transfigurée" et qui m'avait échappé lors de sa sortie en 2004 est depuis quelques semaines un habitué de ma platine.
La rencontre entre ces deux musiciens n'est pas nouvelle : le trompettiste compagnon de route de l'ARFI et le génial contrebassiste se cotoient depuis 20 ans dans divers projets. Sur ce disque, chacun apporte sa technique et son inventivité à un projet qui mélange les saveurs et le sens, le nouveau et l'ancien dans une nouvelle musique qui s'épanche sur la nouvelle cuisine.
En musique comme en gastronomie, la qualité des produits prime sur toute autre considération. Mais la musique ne connait pas de péremption, si tout y est succulent. C'est le propos du "soufflé aux éclisses", titre poétique qui souligne la finesse du propos. Les deux improvisateurs esthètes et gourmets y jouent une musique organique qui s'inspire de raffinements culinaires, tout comme la gastronomie se lit parfois comme une grille ou une partition.
La musique, la table. Il y aurait des milliers d'analogies, de nuances, de rapprochements, il y a en commun tant de sens, tant de verbes... Le soufflé est éclatant de saveur dans le discours entre Cappozzo et Tchamitchian, un discours d'amitié et de complicité qui mitonne de phrases de trompette pendant que la contrebasse s'alanguit ou qui explose en trille pendant que le bois grince... Tout comme dans Äänet, l'expressivité du son de Tchatmitchian offre une palette d'impression, de sens, d'évocations, d'épices rythmiques. C'est le cas aussi des titres qui évoquent bien sur la cuisine : braisé à la cardamome, anis étoilé...
Le livret qui se présente comme un livre au luxueux papier, au delà de la musique on y trouve un texte de Michel Onfray sur la politique de la gastronomie en tout point intéressant, des photos, des dessins, les textes cités dans le disque... Au delà de l'intérêt de relier les expressions artistiques, les disques-objets de ce type sont toujours un bonheur à avoir dans sa discothèque.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir ? Pas sur.

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Posté par Franpi à 16:16 - chroniques musicales - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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18 juin 2009

Sun Ra et Claydermann sont dans un piano

Pour continuer sur le billet d'hier, certes, Google rend idiot.  Mais Internet n'est pas le fond, même si il a permis d'aller plus vite dans la dérive. Le fond, c'est cette volonté d'étiqueter, de marquer, de faire rentrer dans des cases, de simplifier à l'extrème, de ne donner que des pistes liminaires ou confuses sous couvert d'expertises.. Ca, les médias n'ont pas attendu Internet pour le faire, même si le TF1 de Bouygues a l'âge du Minitel !
En musique, cette lame de fond est aussi à l'action depuis très longtemps, depuis que chaque musique n'évolue que dans sa petite case dépressive et n'en sort qu'au gré des études de marché... Mais il faut bien avouer qu'Internet à là aussi servi d'accélérateur de particule.
Un article édifiant mais d'une rare lucidité vient corroborer tout cela. Ainsi, le "journaliste musical" n'aurait plus qu'à rendre concis son propos, offrir des "métadonnées" pour que le lecteur puisse se "faire lui-même son idée". Si ce n'est pas une négation de chronique de disque, qu'on me passe en boucle un compile de Renan Luce. Le journaliste musical qui ne pense rien et qui markette, peut être, le passionné dont j'espère faire partie préfère encore se percer les tympans à la chaux vive.
On connait les sites internet qui fournissent aux Internautes des services de prescription automatisées. Au mieux, c'est médiocre, au pire, c'est un salmigondis de clichés mainstream qui détruisent toutes formes de curiosité. Parce que le web est soi-disant "une grand poubelle" comme le dit l'un des créateurs de ces sites de "prescription" avec ses "artistes similaires" qui font hésiter entre éclat de rire et crampes d'estomac...
Snobant absolument toutes les marges et tous les passeurs, ces prescriptions figées comme un chou de Bruxelles dans de la crème rance se permettent le luxe de l'approximation et d'autres drôleries du genre. C'est ainsi que je suis tombé sur la fiche de Sun Ra (On parle bien de Sun Ra !) qui commençait bien, puisqu'elle était rangé en "World" (le jazz, qui n'est plus vraiment une musique, n'est pas dans les genres proposés en premier lieu). Je passe sur le commentaire assez nauséabond sur les happenings du maître comparés à un show de Drucker pour en venir aux désopilants "Artistes Similaires"...
Ainsi, j'apprends que Herbie Hancock, qui a commencé en même temps que lui dans un style assez peu comparable est sa "succession musicale" et que Jelly Roll Morton est un "artiste similaire"... Mis à part que ce sont des pianistes, quoi d'autre ? Et qui encore ? Richard Claydermann ?
Si les métadonnées censées changer la lecture critique de l'industrie musicale sont de cet acabit, les pensums que je vous inflige ici ou ailleurs ont encore de beaux jours. Tant mieux pour la musique ? Ce n'est pas à moi de le dire ;-) !

Et une photo qui n'a strictement rien à voir, tant mieux !

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