Sun Ship

Franpi, photographe et chroniqueur musical de Rouen, aime la photo, les concerts, les photos de concerts, la bière, les photos de bière, le Nord, les photos du nord, Frank Zappa et les photos de Frank Zappa, ah, non, il est mort.

31 mai 2009

Musiques et Danses du Belgistan

La fanfare du Belgistan est la fanfare nationale d'un petit état indépendant et libertaire de la Belgique orientale, sur les riantes rives de la Meuse, qui délivre depuis bientôt 10 ans une musique festive qui s'inspire énormément des orkestar balkanique dans l'ambiance de folie que le combo délivre sur scène.
la scène, c'est le véritable terrain de jeu des 7 membres (5 soufflants et deux percussionistes) de la fanfare ; on serait tenté de dire, la véritable existence géographique et frontalière du Belgistan !
Le Belgistan s'est fait connaître dans nos contrées par leurs alliances avec des groupes pour qui la scène est aussi un jardin : les ogres de Barback, Nery des VRP... La collaboration avec les Ogres est notamment la plus ancienne est la plus prolixe : deux albums, et une participation ponctuelle de l'excellent saxophoniste baryton Grégoire Tirtiaux. C'est d'ailleur le label Irfan des Ogres qui produit distribue cet album, gage de qualité et d'indépendance...
Loin des fanfares punks un peu bavaroise du genre fils de teuhpu ou CQMD, le Belgistan livre des morceaux bien écrits, dansants, et même parfois empleint de cette touche de sevdah propre aux formations balkaniques qui parle d'amour, de vin et de déchirure.
Le dernier album de la fanfare, qui s'appelle sobrement "Musiques et Danses du Belgistan" s'éloigne définitivement du format fanfare franchouille des festivals pour punks rassis pour continuer dans la veine balkanique, avec un ton et une vigueur aussi comunicative et voluptueuse que la pochette de l'album, et des musiciens doués qui sentent cette musique et savent l'écrire...
L'écoute de "Nostalgie du futur", "Crapaud" ou "Selim" et surtout la beauté de "L'éveil" ne donne qu'une seule envie, adopter très rapidement la double nationalité grolando-belgistanaise...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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30 mai 2009

Ne reste pas trop longtemps auprès de moi

La chanson Humanitaire est certainement le truc le plus pénible qui a été inventé depuis l'harmonica.
Comme la chose est en général conçue pour plaire au plus grand nombre, c'est dans le meilleure des cas une bluette sans intérêt qui sentimentalise à toute vibure, et dans les cas les plus extrêmes, c'est une reprise répugnante de Status Quo en Français qui a du être à l'origine de l'incendie de tous les greniers à blé du Caucase par Gengis Khan en 1279 (par anticipation).
Ce matin, en faisant mon tour de net, j'ai découvert grâce à un blog de "jazz" qui ne m'émoustille guère mais qui est dans ma carte routière qu'un ingénieur du son avait entrepris d'enregistrer autour du monde des musiciens de rue chantant des chansons pénibles tubesques pour montrer que la musique, elle fait rien qu'à rassembler les hommes, qu'en plus on est tous frères et que la guerre c'est mal et que si on faisait une grand chaine de l'amitié tout autour de la Terre, et ben ce serait magnifique. L'exemple le plus populaire, c'est "Stand By Me", le tube R'n'B de Ben E. King qui caricature un blues édulcoré et qui s'appuie sur une mélodie tellement évidente que ça peut se triturer dans tous les sens...
Bons sentiments, chanson, caricature, mélodie évidente... Vous le voyez venir, on ne va pas tarder à causer Reggae !
Evidemment, ce n'est guère aisé de dire du mal de ce genre de projets. C'est consensuel, et ça part d'un bon sentiment. Mais les bons sentiments, c'est comme les accords parfaits : c'est bien joli, mais ça n'appelle pas toujours à la réflexion.
Dans les années 80, avec Real World et autres engeances, les musiciens de pop sont allé s'intéresser aux musiques traditionnelles des pays du sud, principalement, afin de les mettre en lumière. Si certains partaient eux aussi d'un bon sentiment, le résultat fut souvent dramatique : lissage de la musique, transformation au format pop, ajouts d'instruments "rock" sans réel projet artistique... Plutôt que de populariser une expression, de permettre aux artistes de développer des projets, on a souvent enrobé tout ça d'un poisseux salmigondi bien souvent teinté de reggae. Ce n'est pas la première fois que j'en parle. Le problème n'est bien sur pas le mélange, mais il doit se faire de gré, sans imposer une culture sur une autre, et surtout avec un projet musical, un vrai, histoire de faire mousser quelque chose !
Le projet "Playing for Change" veut installer des écoles musicales. Très bien. Sur quelles bases ? Celles de la musique occidentale ? Celles d'une rythmique reggae, ce cheval de Troie de la globalisation ? même sur les chansons indiennes traditionnelles ? Lorsqu'on écoute les chansons déjà enregistrées, ça y ressemble.
Désolé, mais je ressors mon LeRoi et mon Cecil...
Si on ajoute à celà que le projet est soutenu par Starbucks et Universal...

On se dit qu'il vaut mieux regarder une photo qui n'a strictement rien à voir !

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29 mai 2009

Halvorson / Radding / Wooley - Crackleknob

Mary Halvorson est une guitariste remarquable qui peut se targuer de faire partie depuis quelques années d'une des plus excitantes formation du grand Anthony Braxton, ce qui est une carte de visite de poids dans la musique improvisée actuelle. La jeune femme multiplie d'ailleurs les participations avec des musiciens de la scène improvisée New-Yorkaise, se produisant notamment avec un autre enfant chéri de Braxton, Taylor Ho Bynum.
Crackleknob, son nouveau projet sous forme d'un trio est un combo ambitieux qui articule une musique abstraite et radicale autour du silence, du temps, de la retenue et du minimalisme.
Dans cette tâche,Halvorson est accompagnée de deux pointures, le trompettiste Nate Wooley, assez proche d'Ho Bynum dans cette façon d'aborder son instrument de manière expressioniste, incarnée, virulente parfois, et le remarquable contrebassiste Reuben Radding, compagnon de route de Zorn et qui de frappe d'archet en craquement de bois et de nylon donne à cet album une vraie consistance, une puissance organique.
Entre ces trois là, c'est la connivence qui fait le reste. Crackleknob est un disque de l'écoute et la création immédiate et commune, c'est sur cet équilibre de fil de rasoir que le pari est réussi, celui d'une musique au carrefour des riches univers de chacun, entre improvisation instantanée, jazz destructuré et post-rock paresseux...
Les morceaux de de l'album qui porte le nom du groupe et qui doit se définir comme un pur produit du grand label Hat-Hut sont tous très courts et vont à l'essentiel. Le propos musical utilise ce silence lourd comme un matériau brut, une architecture que la guitariste et ses compères s'ingénie à polir, à malaxer, à sculpter pour créer une musique charnelle, corporelle, faite de fluide et de rupture pour en faire un groove minimaliste, creuset dans lequel chacun s'exprime.
Crackleknob, c'est littéralement "le bouton de porte craquelé"... Une porte vers autre chose ? Vers une musique habitée et riche, en tout cas !

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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28 mai 2009

J'entends plus la Clarinette

Ce soir, en passant le pont que je passe bientôt depuis plus d'un an, heureux piéton de moi-même qui rentrait chez lui pour sa cure d'Internet et de disques, j'ai été pris d'un sourire, d'une espèce de fragrance guillerette, fugace, en regardant la Seine et le ciel grisouille et plombé à la lumière désespérante.
Guilleret parce que la musique que j'écoutais était belle, que je rentrais à pied, que les gens que je croisais semblaient avoir le sourire malgré tout et que, l'air de rien, je sentais que rien, absolument rien ne pouvait m'ôter cette bonne humeur. Bon, disons-le, c'est rare, et la clarinette magnifique de Jean-Marc Foltz n'y était pas complètement étrangère... Près de la berge aménagée, celle qui compte, celle qui borde la bonbonnière muséale, et qui fait face au parking bosselé et sauvage, il y avait des joggers, des vélos...
Et là, les gesticulations de Lefuneste m'ont tout terni la rêverie.
Comment c'est possible que ça marche encore ? Quel est la force pavlovienne du journaliste de cour pour relayer cette propagande sans sourciller ?
C'est magique, c'est comme Haneke gagnant un prix décerné par Huppert : on s'y attend tellement que quand ça arrive, on s'étonne de ne pas avoir à s'étonner. Il y a des élections ? Il y a de l'insécurité. On est élu ? fini les plaintes. Ca marche depuis sept ans. Ca marche depuis soixante ans, ça marche depuis toujours. Les agressions dans les écoles maintenant... Et les portiques-à-piercings pour 1(9)84 établissements qui seront surement choisi sans discriminations sociales et qui discréditeront encore un peu plus le savoir.
C'est tellement ringard, le savoir !
Pour répondre au devoir de philo d'une farouche blogueuse, citons Pythagore : "La jeunesse ressemble à tout ce qui s'accroit, la vieillesse à tout ce qui décroit". Chez nous ce sont les vieux qui s'accroissent. L'avenir est il donc aussi gris que la Seine qui charrie ses oléagineux ?
Le silence assourdissant des chaussons a remplacé les bruits de bottes, à dit quelqu'un d'inspiré dont je ne me souviens plus le nom.
J'ai décidé ce soir que ça ne me gâchera pas la Clarinette.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir

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26 mai 2009

Coiffeur en télétravail

Le lobbyisme en politique comme ailleurs est une hémorroïde intellectuelle.
Un sabir grumeleux qui permet de faire passer toutes les mesures anti-démocratiques, réactionnaires, démagogiques comme étant la grammaire immuable du bon-sens (cet espèce de terme condescendant qui décrit les pensées des personnes chenues et immuables dans la France éternelle).
Bien sur, s'opposer à ce bon sens, même mollement, se doit d'être un cas clinique. Voir les commentaires sur les chercheurs, les artistes et les fonctionnaires sur la période récente, ramenant les sciences sociales à la crasse, la culture à l'inutilité dispendieuse, le service publique à l'oisiveté malsaine et l'Internet aux pires crimes moraux depuis 60 ans.
J'exagère ? Allez suivre les commentaires sur les site du Libéro ou de Figation...
On a beau savoir, donc, que la tâche sombre de ces nuisibles est de nous affirmer que les déjections libérales sur les latrines ont le bon goût de praline belge, c'est toujours un étonnement renouvelé de voir à quel point cette "pensée" est ahané par des hordes de benêts qui semblent n'avoir comme seule occupation -quoique bien entendu travaillant 70h/jour en ayant refusé leurs congés et en acceptant de donner de l'argent à leur employeur par primesautière mansuétude- que la récitation de la leçon sur les forums.
En fait, s'en serait presque plaisant, tellement c'est drôle. Et puis il y a l'infortuné Frédéric Lefebvre, sorte de Mozart de l'urticaire, dont le sens de la provocation est tellement insondable qu'il en deviendrait abstrait.
La dernière saillie du député suppléant d'un des héros des Grosses Têtes, ineffable installateur télécom, passe pour scandaleuse et sulfureuse... Elle n'est qu'absolument ridicule.
Donc, il faudrait travailler en arrêt maladie. En fait, on sent bien que derrière, c'est une nouvelle attaque contre le congé Maternité dont il s'agit. Mais qu'importe, allons au bout du résonnement (du verbe résonner, faire tonitruer le vide). C'est amusant, car dans cette idée stupide, sourd quand même une vision hyper limitée du "travail".
Travailler, c'est donc bosser sur des dossiers sur son ordinateur, grâce à un Internet devenu simple véhicule de documents, fax high-tech, sans avoir nécessité d'interaction avec les autres, sans force physique, sans réflexion intense, sans avoir besoin de véhicule, sans avoir besoin de se déplacer, sans nécessité de documentation.
Routier en télétravail, Ouvrier en télétravail, boucher en télétravail, manœuvre en télétravail, pompier en télétravail, travailleur social en télétravail... Mais tout ça, c'est même pas des métiers !
En tout cas, j'espère juste que son coiffeur va se remettre vite, ou vite apprendre le métier de coiffeur sur Autocad !

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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25 mai 2009

J'entends des Voix

C'est avec beaucoup de plaisir que j'appréhende la semaine prochaine à Rouen, puisque la musique improvisée va être à la fête. Évidemment, tout ceci aurait pu être bien plus grandiose, offrir plus de diversité, de folie et de cohérence.
Mais ne nous plaignons pas, c'est si peu souvent ! Et puis entendre des voix plutôt que d'entendre bêler les Janedarkolâtres !
Trois concerts, donc : Le premier, le 2 juin, c'est Antoine Berland avec Elise Dabrowski et Sylvaine Hélary au 3 pièces à 22h30 !
Le 3 juin, retour du grand guitariste David Chevallier qui créé "Double Dowland" avec la vocaliste Anne Magouët et le théorbiste Bruno Hellstroffer à l'Espace du Moineau à 21h... A 22h30 aux 3 Pièces c'est Vidableu !

Et enfin, le 5 juin, c'est le Gros Bal des Vibrants Défricheurs sur la Place de la Cathédrale à 21h

Tous sur le pont !!!

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Foudre et Politesse

J'avais commencé à parler de la Liberté d'expression en berne, de la belle lettre de Coupat, qui montre que la plume de choc n'est pas synonyme de chemise blanche largement ouverte, de "l'obsession minitel" de nos politiques (ça j'y reviendrai demain) mais la foudre (oui, la foudre, dans cette détestable chaleur moite) a tout emporté dans la coupure de courant.
Alors je vous raconterai juste un petit plaisir de la journée, celui d'avoir accompagné des Japonais qui se promenait là jusqu'à la place du Vieux qu'ils souhaitaient voir. Des japonais tout seuls qui se promenait dans Rouen avec une carte bariolée. Deux petits mots de politesse, un Konishiwa qui va bien et ils me suivent, un peu inquiet au début, de voir un occidental se démener sans rien demander en échange... Faut dire que c'est assez rare, je plains toujours les asiatiques en voyage en France ou en Italie !
Ca fait plaisir, parce que lorsque nous étions au Japon, je m'étais juré de leur rendre la monnaie, si je voyais des japonais paumés.
C'est fait...

Et une photo qui n'a rien à voir... Sauf le côté "postcard", bien sur !

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24 mai 2009

De retour de Vendée

Nous avons enfin vaincu le signe indien en nous rendant en Vendée sous le beau temps... Depuis quelques mois, cette chance nous fuyait !
Le soleil est agréable sous la Loire ; et propice aux photos...  Donc vous risquez d'en bouffer ces prochains temps ! A partir de demain, on parlera de Palme, d'accent pointu et d'Internet, sur ce, juste une photo et je m'en vais voir si mon matelas est toujours aussi douillet !

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23 mai 2009

Anthony Braxton - 7 Compositions (trio) 1989

Les rééditions de Braxton chez Hat-Hut permettent de découvrir le travail de Braxton à rebours, ou au mieux dans un désordre qui permet de recoller les morceaux. Hat-Hut sur une pochette à la photo toujours aussi subtile réédite "Seven Compositions (trio) 1989", certainement l'un de plus réjouissant enregistrement de Braxton du catalogue suisse.
Ce trio enregistré à Amiens en 1989 avec le contrebassiste Adelhard Roidinger, autrichien que l'on a vu avec Khün et surtout toute l'avant-garde du jazz nippon, et Tony Oxley, vieux compagnon de Braxton et de Cecil Taylor est remarquable. Les sept compositions de l'album sont ramassées en trois plages qui permet aux improvisateurs de passer à chaque composition comme dans un souffle continu, Roidinger soufflant sur les braises de la rythmique, poussant Braxton dans le retranchement de ses anches, exultant à l'alto ou faisant hurler le sopranino... Oxley quant à lui délivre dans une pointe un peu doublée un jeu tout en abstraction entre rythmique anguleuse et tintement harmonique. Il y a dans le deuxième morceau, celui qui comment par ce standard des standards, "All the things you are" de Kern & Hammerstein comme des chaines harmoniques qui se brisent, hurlent et se libèrent. La basse enflamme la mélodie, force Braxton à accélérer toujours, magnifique esthétique de lutte.
La force de la Musique ne se niche pas seulement dans le bagage technique sans limite du multianchiste, qui ne réside pas uniquement dans l'écriture subtile de thèmes musicaux riches, mais également dans une puissance démiurge qui utilise tout autant le chaos que le souffle, le silence et la déchirure pour conduire aux vibrations abstraites qui zèbrent ses compositions où les standards qu'il joue. Habité par cette force, cette puissance, cette rage qui se nomme tout simplement création, crue et radicale. "J'ai toujours joué du blues" dit Braxton ; sa musique est peut être, dans sa complexité, le plus pur des blues.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

212_Fire_Hydrant

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21 mai 2009

la carte orange d'Hokusai

J'abomine Paris : je trouve la ville désagréable et grise, peu engageante et en générale pressée, égocentrique et mal-aimable.
Mais il faut bien se rendre à l'évidence, c'est là que se passe la vie culturelle institutionnelle et notamment les musées. C'est un truisme de dire que ce qui se passe à Paris en terme d'expo et même de concerts est supérieur à ce qui se passe en province... Et étouffe tout ce qui peut se passer alentour. Rouen entrant de plus en plus dans un statut de ville de grande banlieue, autant dire que Paris est un aspirateur à culture. Je sais que ce n'est guère de bon ton de le dire comme ça, mais lorsque je vois ce qui se passe à Nantes, Toulouse, Montpellier, Nancy ou même Bar-le-duc, on est en droit de se poser la bonne question -qui fâche- : a-t-on abandonné la partie ? Ca y est, c'est le train, le plus sur chemin vers la culture ?
Pour s'en convaincre, il suffit de se rendre en ce moment au Musée des Beaux-Arts de Rouen pour tenter de voir l'exposition sur les estampes japonaises d'Hokusai et consorts : la pub est mirifique, on la voit partout... Plus que l'expo devrai-je dire ! Parce qu'au final, lorsqu'on se rend au Beaux-Arts, on  découvre deux salles pauvrettes et peu remplies d'une soixantaines d'estampes, sans réel ordonnancement, et toutes provenant du fond de la Bibliothèque... Et le pire, c'est que les deux salles sont disseminés à chacun un bout du musée, obligeant le visiteur à se tartir le lourd patrimoine de grasses peintures bourgeoises du XVIIIème représentant lapins évicérés et allégories dépoitraillées (bon, je suis d'une mauvaise foi exécrable, il y a deux ou trois chef-d'oeuvre dans la collection...)
Mais était-ce bien la peine d'arroser toute la Seine Maritime de belles affiches alléchante pour une expo si pauvre ? Ne méritait-elle pas de rassembler des oeuvres provenant d'autres collections ? J'avoue, j'ai bien de mal à le cacher, mon intérêt particulier et un peu pointu pour la culture japonaise, mais une expo s'intitulant "Le Japon illustré" n'aurait-elle pas mérité une iconographie historique menant vers les arts populaires et le manga ?
On laissera certainement Paris la faire...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

03_Barriere

Posté par Franpi à 18:52 - billet d'humeur variable - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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