Sun Ship

Franpi, photographe et chroniqueur musical de Rouen, aime la photo, les concerts, les photos de concerts, la bière, les photos de bière, le Nord, les photos du nord, Frank Zappa et les photos de Frank Zappa, ah, non, il est mort.

29 avril 2009

Orchestre National de Jazz - Around Robert Wyatt

Dès la nomination du contrebassiste Daniel Yvinec à la tête de l'Orchestre National de Jazz pour 3 ans, le 25 octobre 2007, je me réjouissais de ce choix novateur et osé, finalement, d'un musicien ouvert, passeur, amoureux du disque et surtout pas cantonné au petit monde du jazz, puisque ses récentes collaborations vont de Paul Motian à Brisa Roché en passant par Maceo Parker...
Dans les projets proposés par Yvinec lors de sa candidature, il y avait cet hommage à Robert Wyatt, mage éthéré de l'école de Canterbury. Et c'est une sacré bonne idée !
Canterbury, ce moment classieux et aérien du rock psychédélique dont les voluptueuses brisures moussèrent du jazz à la contemporaine comme un temps gracieux et suspendu impacta tous les genres. En témoigne les collaborations de Wyatt avec des figures d'un jazz aimant jouer à cache-cache avec les étiquettes : Lol Coxhill, John Greaves, Kevin Ayers ou Michael Mantler...
Yvinec à l'ONJ, c'était la certitude d'une révolution concrète qui renvoyait peut être à ce que l'ONJ était dans la tête de ceux qui l'on fait : une entité subventionnée permettant au jazz de sortir de ses frontières et d'aller se colleter au grand public, sans pour autant tomber dans le démagogique genre "Blue Note" dernière génération... La révolution Yvinec s'ajoute à un style ; habituellement, le directeur joue avec ses musiciens et compose en fonction d'une équipe choisie en amont. Pour cet ONJ, Yvinec nous la joue Aimé Jacquet. Il sélectionne une équipe dans le doux vivier du CNSM et la laisse produire le jeu en en déterminant les contours tactiques et la base technique. Il dirige mais ne joue pas.
Disons le tout de go, le pari est plus que réussi. Around Robert Wyatt tourne, tourne et tourne encore...
Mais dans notre monde musical aux frontières bien marquées, cloisonnées et où l'ONJ a toujours été source de tension et d'attention, il était à prévoir que les obsessions d'Yvinec, notamment pour la voix, allait faire salement coinquer. Surtout les collectionneurs falots d'étiquettes qu'il convient de ne pas brûler.
Pas du jazz qu'ils allaient dire. Effectivement, Around Robert Wyatt est un disque qui ressemble à celui à qui on rend hommage, entre chanson, jazz lointain et charnel et arrangements de Vincent Artaud au luxe courtois... Mais qu'est-ce qu'une étiquette face à la musique vivante ? Un colifichet pour masquer une aigreur de religieuse ?
Si le tentet sélectionné fut parfois surprenant, par sa jeunesse et ses musiciens venus d'horizons musicaux disparates, une ligne est notable : ils sont tous polyinstrumentistes, doués il va sans dire et ont pour certains un passé en grand orchestre, de l'Xtet de Régnier en passant par le sens de la marche. Parmi eux, des gens que l'on aime bien ici, comme la pianiste Eve Risser, les saxophonistes Rémi Dumoulin et Matthieu Metzger...
Around Robert Wyatt, c'est la revanche du studio ; c'est un disque pour ceux qui aime les disques, qui ont cet amour du petit arrangement précieux qui ne s'entendra pas toujours dans la masse généreuse du live. Oui, Around Robert Wyatt est un album de studio, un "Studio Tan" assumé et parfaitement réussi, qui rompt peut être avec la vision uniquement immédiate du jazz. Un disque de Jazz qui n'en est pas ? Non, un travail de funambule, une inversion de pesanteur, comme la pochette du disque...
Oui, ce disque sera très complexe a reproduire sur scène.
C'est pour ça qu'il est sorti en disque, produit par Bee Jazz, le label qui suit Yvinec depuis toujours...
Dans sa volonté de travail sur la voix, Yvinec a choisi un postulat de travail très intéressant. Puisque la voix est toujours enregistrée après la musique, enregistrons pour cet album la voix a capella et construisons la musique autour, en assignant à chacun un musicien soliste... En choisissant Artaud pour ses arrangements, Yvinec a pris l'option de l'orfèvrerie vaporeuse qui ne singe pas Wyatt mais lui rend hommage en bousculant les pré-requis, en ne sacrifiant pas le complexe pour l'efficace. Quant aux chanteurs, c'est leur univers fort qui a manifestement primé (Rokia Traoré, Camille, Arno, Yael Naïm... Et bien sur Wyatt lui même !) pour habiter les chansons classieuses du maître anglais.
Pour certaines, c'est juste absolument magnifique : Entendre Rokia reprendre Alifib sur les instrospections de Dumoulin est un moment d'émotion rare, tout comme la voix déraillée d'Arno sur les déconstructions enfantine d'un orchestre qui pour une première étape a réussi un coup de génie...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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28 avril 2009

Comme un rideau de Jambon Fumé

On a beau le savoir, connaître les réflexes de Pavlov, lire les journaux tous les jours, être habitué des contrefeux, savoir qu'il n'y a qu'un hémisphère dans ce bas monde pour les médias... Ca m'esbaudis toujours de voir à quel point un clou chasse l'autre (ce qui est normal entre paques et l'ascension, ferai remarquer Crétin Média !) à la une du souffle médiatique. Si on me permettait une métaphore musicale, je dirai que ce n'est plus un souffle, c'est un growl. Le son produit en est forcément perturbé.
Donc, voici que se présente à nous la grippe porcine ; résurgence hi-tech et animalière de la camarde espagnole des tranchées, elle fait suite aux ascenseurs qui tombent, aux bandes qui font rien qu'à faire de la recrudescence, à la crise conjoncturelle qui croît négativement mais qui remet rien en cause et à l'imitation de Denise Fabre par Rachida Dati...
La grippe porcine heure par heure, qui twitte de partout et qui fait la une des journaux. Pendant ce temps, le taux de chômage, les licenciements... On n'en parle plus : ça vaut mieux que d'attraper la grippe porcine, ça vaut mieux que de bouffer des fajitas !
Evidemment, on pourrait se demander si un jour on traitera éditorialement de la même façon les 1,5 millions de mort du paludisme par an. Mais les poids et les mesures, de nos jours, ça sert surtout à la théorie du mort-kilomètre...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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27 avril 2009

Publications

Comme il pleut, et que la migration d'ordinateur me ralenti, vous ajoutez cela à la flemme, ça fait pas bon ménage pour vous proposer des photos "fraîches"...
Hier, je fêtai mon anniversaire en famille (pour ceux qui l'auront compris dans des commentaires récents !) et j'ai fait quelques clichés, mais rien à montrer ici par ici !
En revanche, ma collaboration avec Citizen Jazz continue, et ce matin est même parue la chronique de "Very Sensitive" du Bernica octet, dont je n'avais pas parlé ici.
J'essaye de prendre  un rythme entre les chroniques ici et là-bas, essayant de ne pas me répéter, voire d'adopter deux tons différents, de partir moins dans des considérations personnelles sur CJ, etc.. Pour l'instant, y compris dans des chroniques à paraître, j'ai essayé trois formules : Un copier-collé remanié du blog, une exclusivité pour CJ et une chronique totalement différente en terme d'angle (ce qui me demande un double travail...)
J'alternerai ces trois méthodes, même si la dernière est la plus satisfaisante.
Alors, voilà... Pour suivre mon travail sur CJ c'est . Ca me plairait bien d'avoir quelques retours ;-)

Et une photo qui n'a strictement rien à voir... Enfin, ça reste dans l'idée quand même !

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26 avril 2009

Hétéromorphie du Rap Français

Et voilà que coup sur coup, avec Youssoupha et Orelsan, on en remet un coup dans la tronche au rap français, sur fond de peurs poujadistes et de malaise des banlieues.
Il est bien aisé, dans nos riantes campagnes -de presse- françaises qui sentent bon la tonte et la gégène d'avoir quelques boucs émissaires d'avance, au cas où les gesticulation postillonantes de quelques économiste venu raconter dans le poste le contraire de ce qu'il disait quinze jours auparavant ne suffirait plus à nourrir la torpeur neurologique du bon peuple.
Sauvez une sous-Préfecture, mangez un rappeur !
D'autant que pour une partie du rap français, c'est du nanan, la posture victimaire, c'est ce qu'ils font de mieux.
Pauvre rap français ! racketté par des radios, occupé à singer les productions minables du Dirty South et plus en parenté, malgré les gesticulations de caille, avec Benny-B qu'avec le terrain vague de la Chapelle... Il sert en plus de gibier de potence à quelques démagogues calculateurs qui le brandit à la vindicte...
N'attendez pas que je défende Orelsan, "sale pute" est un texte nase sur une zique médiocre.
Le texte est indubitablement sexiste ? Oui. C'est pourri ? Evidemment !
Michel Drucker devrait expressément l'inviter sur les canapés vermillons parfumés au valium ayant déjà reçu l'ineffable interprête de ses vers : "Une maîtresse Messaline / Et contremaîtresse à l'usine, /Faire le matin les abattoirs / Et dans la soirée le trottoir"...
Le problème est surtout que le texte incriminé est vieux de deux ans, et qu'il ressort opportunément comme un magnifique contrefeu qui cogne toujours sur les mêmes, et joue sur cette dégueulasse peur primaire, primale, primate du "jeune de banlieue" nécessairement malfaisant, sournois et sexiste "prisonniers du sous développement durable, vrai monstre, élevé dans les ronces, de ces sales races qui n'ont pas les réponses" comme dit Hamé le Bavard de la Rumeur  (Merci Bachir pour la correction)... Et permet de faire planer une menace de censure bien utile à l'économie budgétaire sur le spectacle vivant (on en parlait vendredi)...
Notons également que la licence artistique se borne au français, et si possible au français qui par ailleurs se pose des questions (de bonne ou de mauvaise facture, ce n'est pas le propos...) sur la Société. A l'inverse, on reçoit avec force publicité 50 cents (celui qui vaut moins que son nom) et ses paroles même pas sexistes sur les plateaux télés... D'ailleurs on notera que les paroles minables des disciples français de ce mec ne sont jamais évoqués et passent sans choquer aucune Nadine au monde le mercredi après-midi sur les robinets à clips...
Quand on fait un rap qui défend les valeurs libérales et "bling bling"...
Ensuite, il y a le cas Youssoupha, très largement différent. Textes remarquables sur musique pauvre, Youssoupha le dit lui même : "Dur d'échapper au destin et à sa dictature, l'état et les médias font de nous des caricatures, voilà le scénario de la vie qui nous est destinée, dans une autre vie peut-être que je saurais l'esquiver..." Dans son dernier album, il supplie de faire taire un éditorialiste.
Faire taire.
Moi j'entends : "Fermer sa gueule", "zip", "camembert", "lâcher la grappe". Mais les sommités de la pensée qu'il faut penser sinon on est pas démocrate entendent : "Mettre un contrat sur sa gueule", "le buter"... Depuis "l'affaire Siné", on ne doit décidément pas parler la même novlangue ! Ce que Youssoupha, dans le Monde, -finement joué- explique fort bien.
C'est fou comme les médias dominants ont intégré la parabole de l'oncle Tom pour le Rap. Mc Solaar le gentil et Joey Starr le méchant. Jamais ils n'ont cependant poser le problème ainsi : Mc Solaar le vendu qui rassure et Starr le maux dits. Celui qui fait de la musique (i.e : celle qui réchauffe pas l'eau tiède) et celui qui excite les "bandes"...
Hétéromorphe, qu'on vous dit : il y a autant de rapport entre la Rumeur, Rocé et consorts -qui n'existent dans les médias que par leurs procès-, et la bande de croqueurs -qui passent sur les médias ados déverser leur vulgate libérale- qu'entre Georges Brassens et Dalida. Truisme ? Bien sur.
Mais c'est tellement plus rassurant de mettre tout le monde dans le même panier...
Laissons la parole à Rocé :
"Ça fait partie du patrimoine, tu sais... Tant de clichés si bien figés, c’est pas neuf, c’est ça qui fait tant de succès : un noir, un maghrébin, et puis un gun. Et loin de là, ils se pavanent sur la cité, font un zoo de nos manœuvres et nous en abreuvent sur un fond sonore rap, bien rythmé... Mais bien loin du « Burn Hollywood Burn » ! C’est fou comme la culture est raciste, de gauche et de droite, ils sont dans les mêmes blagues, parce que la culture est impérialiste !"

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25 avril 2009

Umlaut - Looking Glass

Nous en parlions l'autre jour à l'occasion de la chronique de l'album de Ducret, mais c'est très intéressant de voir, dans les jeunes musiciens du moment l'influence que le guitariste peut avoir, tant au niveau de la composition que dans la recherche d'une musique en mouvement, portés par des "trios à saturation", terme peut être plus exact et plus parlant que le "power trio", qui renvoie beaucoup trop aux "Disraeli gears", crèmes inflammables de Jack Bruce... La preuve en est dans les trios récemment évoqués ici comme DDJ ou Syntax Error.
Umlaut, le trio dont le batteur et leader, Emmanuel Scarpa est la pièce centrale (à bien des titres, nous le verrons ensuite) est dans cette mouvance, même si l'absence de de basse à corde est notable ; il évoque directement le travail de François Corneloup avec Ducret dans ULM, où les riffs assassins et distordus de Ducret donnaient une rythmique distordue et frénétique poussant le batteur dans ses retranchements. Le nom du groupe, "Umlaut", deux points qui évoquent tant une distorsion du son que de la réalité sont tout le propos de l'album.
De part et d'autre du batteur, le guitariste Fred Poncet et le claviériste Fred Escoffier entremêlent des sonorités métalliques, grinçantes et acides qui portent le groupe à l'échauffement sur des compositions particulièrement érudites de Scarpa. A ce titre, "Rollmops-Cacao" est un modèle du genre dans cette volonté de briser les codes et les sonorités, d'alterner riffs dévastateurs et nappes contemplatives, décomposition harmonique et rythmique cabossée.
La volonté de Scarpa dans Looking Glass est d'évoquer le miroir, sa part de symétrie et d'étrange, son potentiel onirique et sa crue réalité. C'est la rythmique, centrale, qui fait office de passeur pour les fièvres électriques qui s'y succèdent, s'y mélangent et s'y confondent. Escoffier et Poncet s'intervertissent et se travestissent dans les effets électriques...
Mais c'est sur la pièce centrale -encore- en deux parties "through the looking glass" que le propos est d'autant plus efficace que le duo autour de la batterie se double de deux alter-egos, Ducret himself aux guitares et Antonin Rayon (qui côtoie Scarpa dans l'inestimable Sylvaine Hélary trio) aux claviers, qui ajoute plus encore d'ambivalence et d'étrange à un projet très abouti et surtout très réussi.

Et une photo qui strictement rien à voir...

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24 avril 2009

Diverses considérations

Vendredi bien cool à se reposer, préparer la migration d'un nouvel ordinateur qui va me faire le plaisir de remplacer ce vieux serviteur malade sur lequel je tapote, profiter un peu du soleil...
Rokia Traore sur le nouvel album de l'ONJ fait mieux que le soleil, chaque syllabe égrainée chauffe le coeur encore plus qu'un soleil de printemps... Yvinec tape fort, très fort. Presque aussi fort que ce grand monsieur d'Archie Shepp qui nous sort avec Napoleon Maddox un disque Hip-Hop remarquable, dont on reparlera aussi...
Oui, Hip-Hop !
Et puisqu'on en cause, Dans un magasin caca-d'oie, j'ai écouté vite fait le nouveau Prefuse 73, Hip-Hop psychédélique du meilleur effet... pochette qui ressemble à Yes des seventies et musique qu'aurait fait Barrett si l'avait écouté Public Ennemy (on reconnaitra que ce n'est pas simple sans anachronie !)
Tout ça pour dire qu'elle se porte bien, la musique vivante. Enfin, bien... Bien malgré tout ! Un appel, l'appel du 21 avril insiste sur la grande précarité induite par le retrait de l'Etat dans bon nombre de projets... Info découverte sur les allumés...
Evidemment, on signe la pétoche ;-) pour pouvoir avoir toujours de beaux concerts

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23 avril 2009

Prescrire

Les pirates sont des gros acheteurs de disques.
oui, si l'en était encore quelques-uns pour en douter, les "pirates", ce mot impropre venu polluer tout une esthétique geek des années 80 où être pirate consistait en marquer son nom avec si possible un logo moisi sur un jeu en 8-bits -oui, j'ai plus de 34 ans-, ont fait l'objet d'une étude qui le démontre. Il est bon parfois de remettre les majors le nez dans le gros caca qu'ils essayent d'expectorer avec la loi Hadopi.
Evidemment, puisque plus on écoute de musique, plus on passe d'un disque à l'autre, d'un style à l'autre, plus on mets ses sens en éveil et que l'on est suffisamment curieux, plus on apprend, on tésaurise.
Cette étude n'est pas sorti de ma chaussette comme des bulletins de vote perpignanais, c'est même un journal norvégien qui le dit.
En norvégien, forcément.
Alors vous avez le résumé ici, sur Ecrans...
Comme je l'ai dit l'autre jour, je ne télécharge pas. Mais j'ai copié quasiment toute la bibliothèque de ma ville d'origine en cassette audio il y a 20 ans. D'ailleurs, si vous prenez quelques plaisirs à lire les chroniques qui se trament ici, elle n'existent que parce qu'ado, un eldorado musical gratuit m'a permis de picorer, de découvrir, d'apprendre, de détester, de moquer, d'adorer, de me passionner, de pleurer de bonheur ou même de pourir les artistes à la mode.
J'avais pour ça un atout qui n'existe pas dans le téléchargement "sous le manteau" : un bibliothécaire musical qui me guidait, me conseillait, me heurtait pour mon bien parfois... Et suscitait ma curiosité. J'y passais tous mes mercredis.
La prescription camarade !
Et alors, avec la licence globale ?
Imaginez le bonheur ! des sites comme le mien pourrait permettre d'écouter en direct le disque que je chronique, d'orienter vers d'autres pistes, de suivre -bonheur suprème- à rebours le fil de la musique... Et lorsque le disque plaira, pour les plus exigeants et les connaisseurs, il suffira d'aller l'acheter comme une oeuvre complète et luxueuse, avec pochette, son nickel, design et notes !
On rêve hein ?
C'est toujours mieux que de cauchemarder !

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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22 avril 2009

Flemme

Il fait beau et je suis fatigué ; la lumière est fine mais j'avais la flemme de prendre mon appareil photo aujourd'hui... Vendredi en revanche, je me suis programmé une sortie graphisme, en espérant le beau temps ! En attendant, je continue à retoucher les photos japonaises...
Tout ça pour dire que j'avais la flemme de bloguer aujourd'hui, alors ce sera juste une petite photo...

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21 avril 2009

Archéologie par anticipation

Un jour, peut être, dans quelques siècles, lorsque ce monde se sera effondré dans la poussière, lorsque peut être des petits Wall-E d'un genre ou d'un autre fouilleront dans les ordures de notre monde, au milieu des routes cassées et des centres commerciaux ventrus, on se souviendra de notre époque et de notre civilisation.
A ce moment là, peut être, on essaiera de redéfinir des concepts, des choses oubliées, inconnues, des mots de nulle part pour nos descendants qui ne souviendront peut être des deux siècles passé et présent que de Zappa, Coltrane, Bartok et Tati...
Le sophisme par exemple.
Important, ça, le sophisme. Peut être qu'Aristote sera définitivement has-been, que les numérisations de bouquins en ligne aura permis de "faire le ménage" dans les lectures dangereuses et subversives et que tous ces penseurs chevelus auront disparu, avec la définition du Sophisme. On en voit les prémices...
Dans une démarche scientifique, et afin de permettre à ces glorieux chercheurs -qui passeront nécessairement sur ce blog référence- de s'éviter une pénible et fastidieuse recherche, voici une magnifique définition du sophisme.
Afin de mieux les aiguiller, précisons que celui qui maitrise le mieux cet art a une pratique capillaire déviante.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir (mais que j'adore)

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20 avril 2009

Tony Malaby Cello Trio - Warblepeck

En ce moment, Tony Malaby est une tête plus loin que les autres saxophonistes. Il irradie, il a un son plein, franc, massif, tout en gardant ce souffle grumeleux et onirique. Sa musique est inventive et radicale. Il fête les 70 ans d'Humair dans Full Contact un jour, joue avec Paul Motian le lendemain et éclaire avec autant de talent tous ses passages.
Avec le "cello trio" qu'il forme avec le percussionniste John Hollenbeck et le violoncelliste Fred Lonberg-Holm, qui a notamment figuré dans le tentet de Brotzmann, c'est encore une autre facette qu'il montre dans une musique qui joue le décalage et l'envie d'explorer des univers en friche.
J'ai mis longtemps à chroniquer cet album de Malaby, pourtant remarquable, parce que je peinais à en trouver la clé. A me demander vraiment ce que j'en pensais, troublé peut être par les parti pris étrange de ce trio atypique (percussions, violoncelle et saxophone) qui passe d'un morceau assez classique perturbé par des rythmiques éruptives à des abstractions contemporaines qui explosent dans un déluge de violoncelle électrifié...
Le secret est peut être là, dans cette abstraction qui semble mouvoir les trois solistes, qui s'attirent chacun dans leurs univers particuliers, dans des chausse-trappes rythmiques et des déflagrations mélodiques, dans des arrangements décalés et un lyrisme dissonant.
Il y a bien sur le phrasé de Malaby, stentor plaintif qui distribue à l'envie des gifles comme des baisers et des uppercuts comme des caresses, mais si le groupe s'appelle le "Tony Malaby Cello Trio", c'est que son discours avec Lonberg-Holm est le sel de cet album, parlant à la fois de la même voix au ténor ou s'enroulant autour des tirades au soprano et cherchant toujours une forme de conflit complice qui peut parfois crisser vers le duplice. Lonberg-Holm est blufflant de maîtrise technique, grattant ses cordes, les étendant à l'archer ou faisant parler un déluge de distorsion. Au milieu de ça, arbitre dérangeant et connivent, Hollenbeck et son attirail percussif qui va de la batterie au xylophone en passant par les tiroirs de la cuisine induit des rythmiques fièvreuses et perturbantes. Il suffit d'écouter le morceau éponyme, Warblepeck, qui ouvre l'album pour simplement s'en persuader !
L'album, sans nul doute, se digère sur le long terme et mature, au fil du temps comme un grand album en devenir...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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Posté par Franpi à 19:08 - chroniques musicales - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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