31 mars 2009
Eric Seva - Espaces Croisés
Eric Seva est un personnage rare dans le jazz français, par son parcours atypique et reconnaissable entre tous. Venu de la musique populaire de tradition familiale (son père tenait un dancing, il s'est donc acculturé à la musique à travers le baloche), il est révélé grâce à l'ONJ de Franck Tortiller venu lui même de cette sphère. Mais c'est Dave Liebman qui l'a révélé, ce qui se devine lorsqu'on prête attention à ce son granuleux, et cette obsession mélodique qu'il met en avant dans l'ensemble de ses compositions.
C'est sans doute pour cela que son premier album, Folklores Imaginaires, il s'entourait de Daniel Yvinec et de Didier Malherbe, eux aussi mélodistes convaincus. Tortiller, Yvinec. 2 directeurs d'ONJ... On a fait pire comme entourage !
Le premier album de Seva avait d'ailleurs reçu un accueil remarquable bien au delà de la jazzosphère habituelle, autant dire que son second album était très attendu.
Espaces Croisés, le second opus est un album plus modeste, autour d'un simple quartet sans basse à cordes, reprenant son idée précédente d'utiliser des saxophones baryton, soprano et sopranino pour créer là aussi une musique du contrepoint, sereine et limpide. La musique de Seva est une errance, un jazz sans domicile qui à cette classe fragile d'un nomadisme choisi. Une musique cosmopolite et chantante.
Cosmopolite, quel joli mot.
Entouré de Lionel Suarez à l'accordéon et au bandonéon qui s'offre le luxe de ne jamais être pleurnichard et d'apporter le travail sur le chant et l'âme qu'il explore avec Minvielle, les saxophones de Seva virvoltent et s'entremèlent, le piano de William Lecompte se faisant plus rythmique, ne s'offrant que quelques échappées belles électriques à l'orgue, lorsque Seva forme un chant rythmique au baryton où il excelle. Il faut cependant saluer le travail rythmique de Pierre-François Dufour qui apporte une atmosphère bien particulière à ce bel album.
Espaces Croisées est un titre très bien choisis, car chacun des musiciens semblent s'entrecroiser, s'entrechoquer parfois dans des voyages intérieurs que chacun semble faire entre la mélodie et la rythmique, entre les rives de la Méditerannée, dans une poétique de voyage qui ne semble pas se tarir, et qui prend toute sa force dans le dernier morceau, identité vagabonde, qui le définit si bien.
Et une photo qui n'a strictement rien à voir. Sauf l'errance, peut être...
30 mars 2009
Bref retour Japonais
On parle musique, on parle de choses et d'autres, certes c'est à ça que sert un blog, mais pendant ce temps là, les photos du Japon avancent, elles remplissent les billets antidatés et les photos "qui n'ont rien à voir" de ce blog. Mais ça, les plus fidèles lecteurs s'en seront aperçu.
Au fur et à mesure du déroulement du traitement des photos -je procède différemment de la dernière fois, désormais je fais les dérawtisations et les traitement au jour le jour et non globalement en deux étapes-, alors que j'en suis actuellement au 8 mars et que le 7 mars est en ligne, que j'ai fait des photos moins touristiques, collant plus à mes obsessions graphiques (lignes, rues, vide, marquage urbain, piéton seul, matin...)
Sans doute qu'on se refait pas !
29 mars 2009
Happy Birthday - Laurent Dehors
Laurent Dehors fête depuis un an les 15 ans de son orchestre Tous Dehors, et la fête ne se tarit pas. On peut même avouer que c'est plus que mérité. Depuis la première fête, au Rive Gauche, le joyeux tentet a fait le tour de la France et a même enregistré, en mars dernier, au studio 105 de la maison de la radio, un disque qu'Orchêstra a la bonne idée de sortir opportunément à l'occasion de l'entrée des trublions dans leur 16ème année.
La musique de Laurent Dehors est étourdissante, à la fois exigeante et excessivement accessible, perfectionniste et en même temps fusante comme le bip-bip de Wile E. Coyote. Elle puise son énergie en live et s'appuie sur des improvisateurs évoluant comme lui dans un univers sans frontières musicales factices et dotés d'un humour de tungstène. Tout ce qu'on aime dans Tous Dehors, la puissance du rock mêlé à une interprétation à rebours du jazz des origines, ce goût immodéré pour les danses explosives et les rythmes de guingois, l'amour immodéré pour les brisures rythmiques et surtourt cette volonté affirmée et communicatives de ne rien prendre au sérieux et de garder l'humour potache dans le travail d'orfèvre. Comme lorsqu'il s'attaque à Mozart ou à Bizet, la musique jouée par Laurent Dehors est avant tout passée au fil Dehorsien, ce mélange de virtuosité et de slapstick qui n'est pas sans évoqué l'univers iconoclaste et les lignes de fractures Zappaiennes.
Le disque, comme le spectacle à qui il est fidèle se présente comme une suite de danses qui irradie au Bulgo Funk, qui défonce un blues au clavecin à faire rougir le plus janséniste des baroqueux ou qui laisse un Jean-Marc Quillet toujours aussi remarquable emballer un public de toute façons conquis.
S'appuyant sur une ligne rythmique absolument monstrueuse (deux batteries et deux basses à vent) la musique de Dehors est en liberté, d'autant qu'elle est soutenue par une Catherine Delaunay virevoltante à la clarinettes et les éclats électriques de Denis Chancerel et David Chevallier.
Fast and Furious, dit un morceau de Duke Ellington atomisé avec tout le respect dû à son rang par l'orchestre... C'est vrai que les 15 ans ont passé vite. Quant à la furie, elle n'est pas prête à se tarir...
Et une photo qui n'a strictement rien à voir...
28 mars 2009
Soirée Electrique
Hier soir, j'étais très heureux de retourner au Rive Gauche de St Etienne du Rouvray pour découvrir Eric Le Lann et Jannick Top dans le concert d'un album qui était assez plaisant, sorti en 2007. L'accueil au Rive Gauche est toujours aussi agréable, et j'ai été heureux de revoir des gens que j'aime bien.
Il n'en fut pas de même du concert ; si je suis ravi d'avoir vu Top "en vrai" et monstrueux de classe, même si le batteur Laurent Robin est remarquable... J'ai trouvé que les autres musiciens étaient fort bavards et que le recours à des instruments enregistrés non représentés sur scène n'est pas respectueux du public.
Passons.
En fin de soirée, direction le 3 Pièces, où le Power Trio "Syntax Error" allumait un feu qui ne sera, je le sens, pas de paille. Le talend exsude de ces garçons, même si je pense qu'une telle musique mérite des salles plus larges, des grands espaces pour permettre à ce son de vivre sa vie en Liberté. Mais ça, je l'ai déjà dit...
La musique est drue, elle trouve son identité à mesure des rencontres et des échanges. Sylvain Choinier est remarquable de simplicité et d'efficacité. Sa maîtrise technique est au service de sa musique et pas de l'esbrouffe.
Dire qu'il remettent ça ce soir !
27 mars 2009
Parachutiste
Ce matin, l'œil un peu torve et fatigué des agapes de la veille, tout à fêter la naissance du blog des Vibrants défricheurs avec des miens amis (oui, c'est une sale pub cachée. Vous avez parfaitement raison) j'ai failli faire un sort à ma radio, lui faire passer le goût de dire des conneries.
Il y a rien de plus agaçant que les fâcheux au réveil qui me gâche la pâte de spéculoos. Parmi les plus pénibles, il y a les missionnaires de la Crise-que-c'est-même-pas-grave-c'est-passager qui testent depuis quelques jours leur nouveau sketch sur l'immoralité des parachutistes financiers, avec le couplet suraigu de l'ignorant offusqué (c'est pas exprès que t'étais cambiste/Parachutiste) déguisé en cocu métaphysique, -le jaune leur va si bien...-.
Rien à voir, mais j'ai décidé d'éteindre la radio après avoir lu ça.
C'est amusant. On semble toujours plus prompt a faire des projets de loi obligeant les jeunes à s'habiller chez Daxon ou obligeant à compter les dents des teckels nains quand Kevin se fait mordre que lorsque ça touche à la Morale et à l'Argent.
Sans doute les conseillers maîtrisent moins bien le monde des affaires.
Et une photo qui n'a strictement rien à voir...
25 mars 2009
La soucoupe cassée au Trianon
Hier, donc, "la soucoupe cassée" se produisait au Trianon Transatlantique, devant un public conquis et nombreux ; il faut dire que la soucoupe emporte pas mal les suffrages dans la ville, notamment depuis leur prestation au festival du 106, à l'automne dernier.
Soucoupe cassée, bonheur en tranche. C'est communicatif, un vrai fluide qui passe dans une musique aussi contagieuse que sophistiquée, avec des musiciens qui donnent autant de plaisir qu'ils en prennent, dans un trio sans véritable pointe forte, chacun prenant à son compte une spécificité du groupe, un rôle attribué dont le principal intérêt est de le transgresser. Ni tout à fait free, ni complètement balkanique, la musique de la soucoupe cassée est issue d'un folklore riche et nomade qu'elle ne cherche pas à faire rentrer dans d'autres cases orthonormées mais se baladent dans d'autres musiques, sans attaches, sans ponts... Juste avec une adresse provisoire, un meublé musical, au gré du plaisir entre Chostakovitch et la "disco roumaine", entre Kusturica et Balasz, profitant de l'aubaine pour jouer une musique cabossée entre hardcore manouche et bluegrass klezmer...
Des trois musiciens, c'est le jeu lunaire de Fred Jouhannet au violon qui frappe en premier lieu, tant il est capable de dynamiter les morceaux, de les désorienter, de leur insuffler une poésie. Sébastien Palis quant à lui offre sérénité et finesse à un groupe capable d'une telle palette, d'autant qu'il apporte une justesse de voix remarquable. Quant à Jérémie Piazza, le trublion du groupe, il apporte la stabilité rythmique, et porte le groupe vers le rock.
Il s'en passe de belles, décidément, à Rouen !
L'écharpe Fuschia et le verre de Martini
J'aime bien Ariel Wizman.
Fin lettré, un art consommé du pull Jacquard chiné dans quelques improbables merceries de province, inspirateur de toujours de concepts radiophonique et connaisseur en matière de musique.
De pop-musique.
Car en ce qui concerne le jazz, la musique improvisée, le Cher Ariel, on ne peut pas dire qu'il fasse défaut à son prénom ; il a des goûts de lessive...
En témoigne cette chronique ce midi qu'une fidèle lectrice m'a signalé (à 15m25s de la vidéo) qui regroupe, involontairement, bien que je peine à le croire de la part de quelqu'un qui côtoya si longtemps Bizot et Kolpa-Kopoul, tous les poncifs sur le jazz. Aucun ne nous fut épargné : musique de vieux, musique relaxante, compassée, qui n'évolue plus, et dont la nouvelle génération serait représentée par Norah Jones.
N'en jetez plus, tout y est. Ne manque plus que Claude Bolling en
héraut du jazz français à égalité avec Michel Leeb et Michel Jonasz et
on est presque prêt à vomir dans sa capuche... On a même droit à la gausserie de bon aloi sur les noces ratées entre Jazz et Hip Hop...
On sera gentil, on lui conseillera juste Steve Coleman...
Pour un peu, on imagine
bien l'image d'Epinal du cadre parisien qui dénoue sa cravate pour mettre un disque de Chet Baker en se servant un Martini. Parce que c'est bien, la trompette, dans le jazz (avec le j molasse qui va bien).
Bien sur, on n'évite pas les regards commiséreux sur la compil' de Pettrucciani et la litanie qui en découle : Blue Note est le meilleur label de tous les temps. La preuve, ils produisent Norah Jones. Merde.
Si l'on voulait rétablir la vérité, on dirait que Blue Note est en coma dépassé, tout juste bon à refaire des ressorties sans danger et à galvauder son image avec du papier peint musical. Que le Jazz est vivace, jeune, bouillonant, international et que les zélateurs de l'électro comme notre ami Wizman devrait s'en inspirer, parce qu'on aura jamais vu dans l'histoire un musique s'affadir aussi vite. Mais ce serait inutile ; parce que je ne suis plus au courant de ce qui se passe en électro et que je rate peut être de trucs...
Il faut avoir l'honnêteté de le dire.
J'aime bien Ariel Wizman. Alors dédions lui cette citation :
"Qui y a-t-il dans l'amour du jazz ? La beauté, l'émotion, la nostalgie, l'excitation, la jeunesse, la révolte... Tout cela sans doute. Mais d'abord le goût des chemins nouveaux. Le vif désir de l'inouï (...) L'improvisation est une croyance, Croire en la première fois. Qu'il y aura toujours une première fois."
[Carles et Comolli, Free Jazz, Black Power]
Et une photo qui n'a strictement rien à voir.
24 mars 2009
La Soucoupe Cassée
Retour vers le concert ce soir avec le groupe Jazz Klezmer "La Soucoupe Cassée" ce soir au Trianon de Sotteville, l'une des deux meilleures salles de l'agglomération rouennaise... (Avec le Rive Gauche !) Et surtout le mieux éclairé. Je suis bien content de retrouver des copains des Vibrants Défricheurs pour faire quelques photos... En voici une de ce groupe, qui date de juillet dernier.
23 mars 2009
Franck Tortiller - Sentimental 3/4
Le sentimental n'est pas le nostalgique, et évoquer
la valse et les danses populaires peut se faire sans nostalgie mais en ravivant
le souvenir. On peut causer musette sans faire forcément une musique de bal
musette. Ce sentimental là, c'est une émotion souriante qui donne toujours de
belles alchimies en musique et des couleurs au jazz.
L'orchestre de Franck Tortiller, qui a survécu à son
mandat à l'ONJ est à lui seul une belle alchimie. Arrivé formé aux commandes de
la vénérable institution, l'orchestre continue donc à évoquer dans un esprit de
fanfare un jazz sophistiqué et polymorphe qui n'oublie pas que le leader vient
du bal, où l'efficacité et la pulsation sont au service d'une poésie de
l'instant.
Avec ce groupe, Tortiller, vibraphoniste sachant
faire jouer son groupe avant de se mettre en avant, est déjà allé dans
plusieurs directions, convoquant Led Zeppelin dans "Close to Heaven"
ou les valses, la valse dans cet album "Sentimental 3/4". Mais dans
chacun des cas, la musique jouée est d'abord celle du groupe, une musique
gracieuse et légère portée par le vent d'une ligne de soufflants remarquables
et rejoints, style oblige, par l'accordéoniste Eric Bijon. Une musique qui se
prête à la valse et ses moments d'oubli précieux et de griserie autour des
jolis thèmes de Tortiller, et de ses courtes reprises, comme ce
« Domino » de Claveau, petite perle d’émotion pure perdue aux milieux
de ses danses imaginaires et soutenu par un Michel Marre plus que jamais dans
son élément.
Tortiller qui s’offre avec Valse 1, morceau pivot de
l’album une sorte de revue d’effectif de tout ce que le groupe aura construit
ensemble. Parmi les solistes, le tromboniste Jean-Louis Pommier excelle et
ajoute à certains morceaux un lyrisme corrodé, patiné, qui ne tient parfois
qu’à un souffle.
Il y a quinze ans, Tortiller évoquait dans un album
en trio Jacques Tati. Il y a, ça et là dans l’album comme des ombres d’Hulot,
de son élégance dégingandé et de sa poétique des faubourgs, dérisoire et magnifique
qui hante les arrangements soignés du vibraphoniste.
« Sentimental 3/4 » est tout entier une
réussite, qu’il soit soutenu par la lourde rythmique construite pour la danse
de Patrice Héral, batteur venu comme son leader du Vienna Art Orchestra, ou par
la délicatesse d’Eric Seva qui en quelques notes évoque un lieu ou une
ambiance, qu’elle existe ou pas. C’est tout son charme.
Eric Seva qui propose d’ailleurs l’un des plus beaux
thèmes de l’album avec la magnifique « Rue aux Fromages » qui évoque
un Bruxelles de bière dorée et de pavés luisants que l’on retrouvera dans la
douce joie de Gus Viseur, passerelle de toujours entre le jazz et la musette et
résident à vie de la Place de Brouckère.
C’est cependant le dernier morceau, le classique
« impasse des vertus » qui donne la clé de l’album en laissant un
goût de live à une musique construite pour la scène même si elle s’épanche bien
en disque. Une musique de l’instant, enivrée et légère, réjouissante et
indispensable.
Et une photo qui n'a strictement rien à voir...
22 mars 2009
Eric Dolphy at the Five Spot
C'est le récent livre de Guillaume Belhomme sur Eric Dolphy, cette étoile filante de la musique qui m'a donné l'envie de réécouter quelques albums trop bêtement délaissés.
Le livre de Belhomme est donc allé jusqu'au Japon et c'est avec plaisir que je me suis replongé dans la trajectoire du multianchiste, dans un livre didactique, clair et très bien écrit. Dolphy est un personnage romanesque et tragique. Sa carrière pavée à égalité d'or et d'incompréhension... De quoi en faire un bouquin des plus agréable.
Dolphy, on en a déjà parlé ; sa carrière aussi fulgurante que déterminante dans son intime volonté de faire avancer les choses, les convergences entre la musique de jazz et les formes les plus savantes de la musique contemporaine en font un musicien incontournable. Il y a ses album studio, parmi lesquels aujourd'hui "Out to Lunch" est reconnu comme l'une œuvre cruciale dans la mutation du jazz des sixties. Il y a "Outward Bound" et cette déconstruction minutieuse du Bop. Il y a aussi ses participations à des albums historiques : Mingus à Antibes, Olé de Coltrane, Free Jazz d'Ornette Coleman...
Il y a enfin ses lives, multiples et divers pour une carrière aussi courte. Des lives enregistrés en Europe où sa musique était plus libre, mieux compris et adulée. Le problème est que malgré ce sentiment de force perçue des les premières notes, cette indestructible force tranquille qui fait sonner sa clarinette basse comme aucun peut être n'a su donner ce son à cet instrument, la qualité des enregistrement n'est pas toujours des meilleurs, si l'on fait abstraction des trois volumes de "Dolphy in Europe" (mais les Stockholm sessions, c'est à éviter).
Si le "Eric Dolphy at the five spot" est une perle, ce n'est pas seulement parce que ce concert New Yorkais de 1961 a bénéficié de l'un des meilleurs ingé son de l'époque. C'est aussi parce que le quintet présent est certainement l'un des plus remarquable de l'histoire. Ne faisons pas dans la demi mesure. En effet, au delà de Dolphy cantonné à l'Alto et à la Clarinette Basse et l'autre comête Booker Little à la trompette se trouvait Mal Waldron au piano, Blackwell à la batterie et Richard Davis à la contrebasse.
Peu de chose à dire sur la section rythmique, qui tiennent la maison et permettent au soliste de s'exprimer, de s'offrir la dissonance, de chercher loin, dans les tréfonds des improvisations ce qu'on pénait encore à appeler Free Jazz. Waldron, tout en retenue s'offre peu de fantaisie, même si son élégance se traduit par une compo magnifique (Fire Waltz) et un solo court et rageur sur le titre de Dolphy, The Prophet, où chacun semble profiter des sommets sur lesquels Dolphy surfe à l'alto.
Dolphy, mort à 36 ans et Little, mort à 23 livrent quant à eux livrent un combat virulent dans une liberté totale, loin des sons éthérées et plus proche de la rage, de la violence, de la fièvre d'une musique bouillonnante, de quelque chose en train de se créer en direct. C'est sur Bee Vamp, morceau de Little, que la complémentarité des deux hommes s'exprime le mieux, la clarinette basse de Dolphy touchant au sublime, et chacun semblant courir dans la démesure pour le rattraper.
Plus qu'un indispensable.
Et une photo qui n'a rien à voir. Petit clin d'oeil à une amie (Diane H., si tu passes par ici...)














