Sun Ship

Franpi, photographe et chroniqueur musical de Rouen, aime la photo, les concerts, les photos de concerts, la bière, les photos de bière, le Nord, les photos du nord, Frank Zappa et les photos de Frank Zappa, ah, non, il est mort.

31 octobre 2008

Tête de Bourse

J'aurai rêvé de le faire, et je m'aperçois avec contentement que d'autres y ont pensé avant moi, et surtout s'y sont colleté. Un blog qui reprends les photos de presse des traders pendant la "crise financière", le gros jeu de bonneteau international où même quand tu joues pas, c'est toi qui perds.
Ce site, c'est "Brokers with hands on their faces".
Sans faire mon Gunthert de bazar -ce garçon a l'un des blogs les plus passionnant du moment-, je suis frappé par le traitement organique de l'image dans l'effondrement des bourses. On a tellement habitué les médias à dire de manière pavlovienne que le marché est un corps organique et social que tous les journaux illustrent la "main invisible du Marché" par ses petits enfants à la croix de bois que sont les traders. La Bourse descend ? Ce sont les traders qui l'illustrent en souffrant dans leur corps, en accusant la spéculation dans leur chair. La bourse remonte ? On voit les apprentis sorciers à tête d'Harry Potter cocaïné s'agrandir, ouvrir leur bras, reprendre souffle. C'est un mouvement mondial, chaque journal utilise les mêmes illustrations... Et c'est intéressant :
Puisqu'il n'est pas question d'Humanité en Bourse, ce sont les corps des traders qui humanisent la crise, afin de ne pas proposer au lecteur des journaux la vraie figure du cynisme froid qui le précède. Ça laisse entendre que la crise est encore incarné, mais que l'on ne peut rien, on baisse les yeux, on se prendsla tête entre les mains... C'est une catastrophe Naturelle, un Tsunami, un feu de forêt...
Ça évite de se poser la question des responsables.
Et pour finir, une photo qui n'a rien à voir. Parce que lui, quand il se prend la tête dans les mains, il a la sensation calleuse de celui qui a bossé dur... Rien à voir avec la manucure du palais Brognard.

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30 octobre 2008

Dans le fond de l'Hiver

Le froid est arrivé quasiment par surprise, piquant comme une abeille et rappelant que le Nord n'est pas si loin. Traverser le pont qui me sépare de chez moi, alors que la lumière décline et que le vent froid prend le couloir de la Seine devient une gageure, que seule la foule de la Foire dans les transports en commun m'oblige à tenir.
Le spectacle aussi. Suspendu, vaguement mélancolique et offrant de très belles images...

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29 octobre 2008

Ces imbéciles heureux qui ne sont -même pas- nés quelque part...

C'était LA grande nouvelle d'hier à écouter les médias dominants, l'info "tant attendue" à écouter le playmobil interchangeable de la télévision publique, qui vous parle tous les soirs à 20h.
Etait-ce la fin de la Crise du capitalisme-en-direct-devant-vos-écrans ? Le retour du Plein-emploi et du Welfare ? Non !
C'est la victoire modestement guillerette d'une poignée de militants de l'impossible (à ne pas confondre avec les militant de l'impôt-cible... Quoiqu'à bien y regarder, ce sont les mêmes...) sur un sujet de société palpitant : le numéro du Département sera toujours inscrit sur la plaque d'immatriculation de la très-sainte bagnole, avec de surcroit le logo de la Région afin de mieux situer la provenance de la voiture.
On a les combats qu'on peut !
On sait, avec Brassens, que les imbéciles heureux qui sont nés quelques part sont une race importune et qui partout foisonne, des grands intellectuels pour qui la plus belle des plage reste celle où ils ont joué à Super-Mario avec des méduses trempés leur séant.
Mieux, même, puisque désormais les joyeux Zotomobiliss' -qui est, comme chacun sait, une étape très raffinée de l'évolution des espèces- pourront choisir eux-même leur plaque d'appartenance. Whaouh ! Depuis les congés Payés, on n'avait jamais vu une telle évolution, tellement prégnante en ce moment.
On imagine déjà, avec des tremblements d'envie et des sanglots de joie étouffées dans la gorge, ces fiers destriers équipés d'un 13 porte-bonheur aux effluves anisées d'équipe de foot en carton, ou ces 62-méfie-te universellement sympa, puisque inventeur du concept philosophique "biloute" que le monde entier nous envie. Finalement, plus qu'une information immédiate sur la provenance de la voiture de devant. C'est une véritable cartographie sociologique du beauf de France dont il s'agit ; et ça, c'est remarquable.
Voici une information qu'il convient de rapprocher de celle entendue sur Inter et qui est stupéfiante. La vente du DVD des "chtis" a été l'occasion de réunions et d'agapes de couineurs de "biloutes" qui devait refléter ce  Nord de Disneyland qui ne ressemble à rien.
Une réaction m'a terrorisé. Un gars avouant au micro du journaliste son "angoisse" qu'il n'y ait plus de DVD disponible au week-end. Angoisse. Faut-il être Nolife ou totalement paumé, lessivé, abandonné pour s'angoisser d'un bout de plastoc qui raconte la fausse histoire d'une chimère territoriale !

Je préfère replonger en apnée dans mes disques. Même quand, à titre très exceptionnel, mes photos ont à voir !

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28 octobre 2008

Mosq : Akosh S/ErikM

Il est des atmosphères étranges, inquiétantes, qui semble sortir d'un désert malsain aride et sulfureux. Il est des atmosphères incroyables, troublante par leur inquiétante consistance qui créé une forme d'angoisse impalpable est pourtant salement drue.
C'est le talent de ces deux solistes, ErikM et ses appareils électriques, électroniques, ses tables de mixages et ses live-sampling, et Askosh S., son brut de saxophone ténor ou d'autres instruments à anches.
Ces deux là accompagnés par Charlie O. à l'orgue Hammond et Quentin Rollet au saxophone Alto livrent dans ce disque Mosq une musique brute comme un diamant à peine sorti de terre, fiévreuse et teinté d'une pesante impression de solitude, de folie rentrée, inquiétante et électrique, à la fois parfaitement passionnante et totalement déstabilisante. C'est de la création à l'état pur, baignant dans un acide très agressif, qui colonise les sens.
Ce n'est pas étranger si les circonvolutions électriques d'ErikM se marient très très bien avec la pureté sonore de ce démon d'Akosh S.. Akosh Szelevény le démiurge hongrois qui sort de ses tuyaux, que ce soit ses saxs ou son Kaval un son tellurique et puissant qui retourne absolument tout sur son passage. Il ne faut pas oublier qu'Akosh n'est pas que ce jazzman Free qui joue une musique habitée, glaçante, acerbe avec une attitude : il est aussi celui qui a permis à Cantat et Noir Désir de sortir du ghetto punk en transformant leur musique. Il n'y a qu'à voir ce chef-d'œuvre méconnu, "nous n'avons fait que fuir" pour nous en assurer.
Ce disque sorti en 2001 pourrait très bien collé à ces paroles de Noir Désir, d'ailleurs :
Et le déja vieux règne de l'électricité/Partout même sous nos peaux/La cicatrice aux néons/Et les égouts qui debordent... Mosq est une atmosphère étrange ; et une sacrée expérience. Enregistré en juin 2001, il semble déjà porté les ruines désolée d'un vingt-unième siècle qui comme sur un désolant fracas de métal.
Pourquoi parler de ce disque aujourd'hui ? Parce qu'ErikM sera à Rouen à l'aitre Saint Maclou en spectacle gratuit jeudi.
Mais ça on en reparlera.
Et une photo qui n'a -strictement- rien à voir.
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27 octobre 2008

Finlande et ménage d'automne

Chose promise, chose due, j'ai profité du 400ème message de ce blog  (14.000 visiteurs et plus de 30.000 pages visitées, avec une grosse accélération depuis la rentrée) pour mettre au point l'album photo de la Finlande, le pays des rêves, et de mettre à jours les tags de ce blog pour rendre les entrées plus rationnelles.
Avant de vous lire en commentaire -s'il vous plait ;-) -, pour savoir si la direction pris par ce blog, parti comme une blague et qui semble prendre de l'importance vous convient, je voulais dire qu'après quinze moi d'existence, le plaisir est toujours là, décuplé, de parler musique, presse, culture, voyage, et de tant d'autres chose en montrant des photos qui n'ont souvent rien à voir. Mais c'est le concept.
Quoique là, si, puisque c'est de Finlande qu'il s'agit, justement.

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26 octobre 2008

Mobilisation pour HDR

Hier après-midi, des centaines de rouennais se sont rassemblés pour défendre la radio HDR, leur radio, et au delà la liberté d'expression et un outil cher à tous ceux que la Culture concernent et que le "Tous ensemble" animent.
les pouvoirs publics semblent se mobiliser aussi, fort du rôle de la radio dans l'agglomération mais aussi de l'image positive que renvoie la radio et de son rôle social.
C'est cependant insuffisant. Insuffisant parce que 20 gars ne sont toujours pas payés, et qu'ils démontrent de leur courage en se tenant fièrement au poste. Insuffisant parce que cet outil reconnu qu'est la radio HDR devrait être pérennisé depuis longtemps si les logiques comptables n'avaient pas pris le pas sur l'utilité sociale et la qualité des programmes.
Ce combat pour la radio n'est pas qu'un combat pour la "Liberté d'expression" ou pour un objet de "développement social".
C'est une lutte pour un projet. De Société, s'il faut utiliser les grands mots.
Sur la Photo, Manu Gouache, Directeur des Programmes, répondant aux questions de France 3...

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25 octobre 2008

Quai des Brumes (2)

La ville est blanche, elle joue à cache-cache dans les brumes, s'engonce dans une brume douillette mais pesante. J'aime quand la ville a mauvaise haleine, se réveille et se rendort, encore entêté des effluves de la veille...
En ce moment c'est la foire, période clinquante, fiévreuse et un peu pénible sur les bords de Seine... Mais quel plaisir au matin de la découvrir glauque, et chargée.

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24 octobre 2008

Bruno Regnier- Suite de Danses

On connait Bruno Regnier pour ses suites, qui émaillent le jazz français depuis plusieurs années. Regnier le compositeur, aux pièces brodées, fines et éclairées, dont l'écriture révèle les images, les emportent et les exposent sous des jours différents. Que la musique de Regnier soit cinématique, c'est un fait ; sa musique est synonyme de mouvement et circonvolutions qui restent toujours à quelques distances frôlantes de la convulsion. Avec ses 9 camarades en Tentet incluant la direction de l'orchestre (le fameux X'Tet), ils ont toujours créé une musique qui tutoie Stravinsky et vouvoie Mingus, dirigé prestement et précisément pour sonner exactement tel que Regnier l'a décidé. Chorégraphie Musicale et justesse du Ton : on ne fait pas des musiques de film pour rien.
Le mouvement dans la musique de Regnier devait le mener à la danse, et les suites sorti chez Yolk récemment le démontre : "Suite... de danse", qui se veut selon les notes de pochette d'origine diverses et de folklores entendus ou rêvés. Pari réussi.
Yolk se distingue aussi pour abriter en son catalogue deux membres de Grands Formats, l'association des Orchestres de Jazz qui regardent devant eux. X'Tet, comme le Gros Cube, en sont des représentants indispensable...
Le disque présente dix morceaux à l'écriture remarquable qui montre à la fois la cohésion de la formation, l'inventivité du créateur et le justesse du propos. Chaque pièce emmène vers un univers, un monde, un baloche ou une scène différente. C'est parfois le Klezmer qui réveille les pas incertains du danseur solitaire. Ce sont souvent les solistes du Tentet qui prennent des parti-pris, comme le tromboniste Jean-Louis Pommier sur le très mouvementé "Barillet", mettant à contribution la solide base rythmique de Matthieu Desbordes et Frédéric Chiffoleau. Le reste est à l'encan, que ce soit l'excellent Olivier Themines aux clarinettes ou le remarquable Alexis Therain à la Guitare. C'est cependant le groupe qui donne son relief à la musique.
Et une photo qui n'a rien à voir... La Finlande, ça faisait longtemps.

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France 2, le retour (Vichy revient, et il n'est pas content)

Je n’ai pas regardé « les infiltrés » sur France 2, mais je n’ai pas besoin d’en savoir plus pour en faire mon affaire : comme l’avait très bien analysé mon ami Eric, ce type de journalisme, qui se généralise ne mérite pas son nom, ni même sa fonction : celle de présenter une vision de la Société à travers un angle, sans abuser ni tromper ses sources, et en étant le plus impartial possible. Impartial ne veut pas dire neutre, car selon l’angle abordé, le journaliste dira ce qu’il en pense, et selon sa peinture des faits, le récepteur de l’information en retirera des choses différentes.
Laissons la neutralité au factuel. Bayonne a battu Biarritz 22-15, la bourse a perdu 9 pur sang, la Star Academy a été remporté par un puceau, bref, ce genre de choses.
Je n’ai pas regardé « Les infiltrés » sur France 2, mais je sais ce que j’en pense : la multiplication des caméras cachées est une plaie du journalisme, démagogique et manipulable à souhait qui donne au récepteur du message informatif l’illusion du réel. L’illusion oui, car le montage existe quand même, l’angle est là, mais le propos du journaliste se dissout dans celui qu’il prétend être. Jeune couple à la recherche d’un logement ou visiteur de prison ; peu importe.
Lorsque Daniel Mermet marche sur les cadavres au Rwanda, dans une des plus déchirantes émissions de radio qui me fut donné d’entendre, il marche en tant que journaliste, en décrivant sa réalité de témoin journalistique. Quand Albert Londres écrit sur le bagne de Cayenne, il le fait en tant que journaliste, décrivant sa réalité de journaliste ; quand un détenteur de carte de presse se fait passer pour un autre pour corrompre des sources, il mène une enquête, mais ce n’est pas une enquête journalistique. C’est une entreprise de dénonciation de faits par une utilisation biaisée d’un montage d’image. Et même si le montage est honnête, même si les fait sont avérés, cela restera biaisé, parce que « l’infiltré » aura trompé ses sources.
Une autre question se pose, implacable : pourquoi ce reportage dans cet endroit ? quels ont été les critères de choix ? Raconter quelque chose ? Dénoncer quelque chose ? Faire du spectaculaire ? Qui a donné précisément cette adresse ? L'angle, c'était de dépeindre une situation in situ, ou de faire du spectaculaire ? De donner à voir ce qu'on s'attend à voir, ce qu'on vous a demandé ?
Je ne saurai répondre.
Je n’ai pas regardé.
Mais je sais ce qui s’est passé après : la dénonciation de l’objet de l’enquête, en loucedé, à la Ministre.
Lorsque le journalisme devient un auxiliaire de Police, pour de vrai, il ne faut plus disserter sur le devenir du journalisme, mais sur l’avenir de la Police. Lorsque le journalisme devient un auxiliaire de Police, non plus pour réclamer le gibet ou la potence comme on en a pris l’habitude mais pour faire les enquêtes à la place des détenteurs de pouvoirs de Police avec une écriture de journaliste, on est en droit de s’inquiéter sur la Liberté de la Presse et sur la Démocratie.
Plus que d’habitude, je veux dire.
J'ai pas parlé de Bayonne tout à l'heure ? Bon, ben la photo a à voir, alors...

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22 octobre 2008

Sauvons HDR !

Ce n'est pas nouveau que dans ces pages j'exprime mon inquiétude vis à vis de l'avenir des radios associatives, du cache-sexe de la censure que revêt le passage aux normes numériques qui favorisera de facto les grasses antennes dédiées au robinet à conneries.
On ne s'étonnera guère que les associations, victimes collatérales d'un vaudeville financier, soient exsangues.
Celles qui se battent depuis une décennie pour leur équilibre financier seront les premières à tomber, d'autant qu'il semble que l'expression radiophonique, la parole des habitants des quartiers populaires, les cultures de marge et de niche soient, au delà des soucis de notre gouvernement, bien, bien plus loin encore -c'est dire- que les hôpitaux ou l'éducation.
Les milliards ne sont pas pour la Sécu, la Culture ou simplement pour faire bouffer tout le monde... On préfère couvrir les rapines de quelques irresponsables (mais coupables.)
Aujourd'hui, HDR, la radio à laquelle j'ai participé et aidé à accoucher depuis une décennie, malgré ces derniers mois en retrait faute de temps, fait partie de ses victimes, liquidités en berne. A terre, mais pas morte. Il faut se battre, se battre pour continuer à émettre, pour continuer à porter un discours, pour continuer à passer des disques... Et permettre aux 20 salariés de survivre de leur passion.
Pour soutenir la radio, les rouennais, c'est le 25 octobre, à 14h, place de la Cathédrale...
Et pour une fois, une photo qui a à voir...

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