Sun Ship

Franpi, photographe et chroniqueur musical de Rouen, aime la photo, les concerts, les photos de concerts, la bière, les photos de bière, le Nord, les photos du nord, Frank Zappa et les photos de Frank Zappa, ah, non, il est mort.

11 novembre 2009

Jozef Dumoulin et Lidlboj - Trees are always right

Le simple nom de Jozef Dumoulin dans un album laisse entrevoir un son particulier, un travail en profondeur sur les ambiances, sur la profondeur même du son qu'il sculpte même au cœur du silence pour créer un son tout à fait reconnaissable, d'autant qu'il est un grand utilisateur de pédales d'effet pour ses claviers et notamment son Fender Rhodes qui prend sous ses doigts un son plus fragile, plus souple, moins chaud mais tellement plus intérieur.
C'est pourquoi le premier album en solo du claviériste, sorti chez Bee Jazz, avec son groupe Lidlboj (ce qui prononcé à la flamande ressemble opportunément à "Little Boy") "trees are always right", composé du batteur liégeois Eric Thielemans, aperçu dans Tous Dehors ou Via Zappa, du saxophoniste d'Octurn Bo Van Der Werf et de la chanteuse et "electronicienne" Lynn Cassiers, figure de la scène expérimentale bruxelloise et membre d'Octurn, était très attendu...
Sa dimension électronique fera sursauter quelques taxidermistes d'un jazz confiné, mais il délivre une musique profonde, très personnelle et fondamentalement touchante, qui évoque tout autant Bill Carrothers (on pense notamment à son dernier album autour des comptines) que Boards of Canada ou Aphex Twin, ce qui est plus rare dans un disque de jazz... Disque de jazz ?
Oui, et que ceux qui en doutent encore se jettent se jettent sur la plage 9, qui se nomme 7 (on a pas idée !) pour ne plus en douter ; ou qu'ils s'achètent des oreilles neuves : en 2003, Franck Vaillant signait avec le premier Benzine (groupe dont Dumoulin fait partie désormais...) un disque très influencé par des expérimentateurs comme Aphex Twin, et Dumoulin reste dans ce courant.
On connait le flamand Jozef Dumoulin comme étant l'un des architectes du groupe Octurn avec Der Werf, un groupe connu pour sa complexité, sa densité, mais aussi son intérêt pour la musique électronique et son assimilation dans le jazz...
Pas cette électronique tapageuse et bourinne censée remplacer une vacuité de composition, de propos et/ou de talent par un relan de groove fétide, mais une électronique qui donne du sens au propos par son pouvoir d'évocation et d'atmosphère, et Lidlboj est dans la seconde catégorie...
"Trees are always right" est un disque qui visite plusieurs univers, pour une musique cohérente et réjouissante. Il sonde les univers oniriques de l'enfance à la fois par une musique très atmosphérique, mais également par un travail rythmique hors pair. "I sat down" notamment, avec la belle voix de Cassiers en néerlandais ou la profondeur du jeu de Van Der Werf dans les deux parties du morceau Eihwaz sont des petites perles qui font de Lidlboj un groupe à l'atmosphère très personnelle.
Si l'on évoque ça et là, l'empreinte de groupes électroniques comme Add (n) to x, le Archive première mouture avec Roya Arab ou bien entendu Aphex Twin, c'est bien le son de Dumoulin tel qu'on le goûte depuis des années qui est proéminent. Mais à titre personnel, ce disque a réveillé en moi une forme de "continuité conceptuelle", comme dirait Zappa , qui m'a rappellé que ces groupes électro étaient ceux que j'écoutais en boucle il y a 10 ou 15 ans, et que finalement, la musique que j'écoute aujourd'hui en découle directement, entre autre(s)...
Ce qui doit rester marquant, c'est que Dumoulin a assimilé la musique des années 90 et du début de ce siècle pour ouvrir une nouvelle piste, ce qui montre encore une fois l'éclatante modernité de la scène jazz venue de Belgique.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

67_C_vennes

Posté par Franpi à 17:29 - chroniques musicales - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

10 novembre 2009

Concerto Grosso sur Citizen Jazz

Je me suis amusé toute la journée de repos à peaufiner mon projet de "Top 50" perso des années 00. J'ai un résultat équilibré que je vais laisser reposer et que je vous proposerai en décembre...
Juste un billet court aujourd'hui pour vous signaler la parution sur Citizen Jazz de mon compte-rendu du concert de Laurent Dehors dont on a parlé rapidement ici.
Au sein de ces compositions créées pour que chacun évolue entre musique contemporaine fougueuse et jazz foutraque, entre puissance rythmique et science des timbres, c’est l’énergie collective, entre chorus et ostinati pugnaces, qui prime. Un morceau comme « Clusterland Recycling », qui joue sur ces ostinati et les oppositions graves-aigus en reprenant en toile de fond des « recyclages » de Laurent Dehors, en est l’exemple le plus efficace et le plus imposant. Lire la suite sur Citizen Jazz...

Et en prime, une nouvelle photo du concert...

23_Laurent_8

Posté par Franpi à 19:14 - billet d'humeur variable - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

09 novembre 2009

Ne pas lâcher

Je ne voulais pas parler de ces commémorations concernant le mur de Berlin car la journée m'épuisait d'avance... Et me faisait appréhender les heures que nous subirons dans 22 mois pour célébrer des avions dans des tours. Mais les circonstances...
1989, pour le jeune ado que j'étais, c'était plutôt "Raw like sushi" de Neneh Cherry, "Paul's Boutique" des Beastie Boys et "Tombé du Ciel" d'Higelin !
Les images qui me restent du mur de Berlin, c'est Rostropovitch jouant les suites de violoncelles de Bach... Le Figaro, que l'on ne peut qualifier d'opposant à Sarkozy, nous indique d'ailleurs que cet évènement s'est passé le 11 novembre, soit le lendemain du 10 novembre, date du début de l'effervescence, et offre un extrait du journal d'Antenne 2 où l'on voit le violoncelliste échauffer la sarrabande de la seconde suite quelques secondes.
10 novembre ? Mais comment est-il possible alors qu'on tente de nous faire croire que Lefuneste était avec des siens amis -dont un premier ministre trouvé là, mèche au vent- le 9 novembre, à Berlin Est (porte de Brandebourg) à casser un mur graffité, et donc à l'ouest ?
9, 10, 11, 16 ? On s'en fout ? Ah oui, on s'en carre complètement, mais ce n'est pas le problème ! Dans ce storytelling ridicule et mal ficelé, dans la réécriture de l'histoire qui reste, depuis le Discours de Dakar et même avant un marqueur politique qui montre que fondamentalement nous avons affaire à une pensée foncièrement maurassienne, il y a une volonté d'habituer à la propagande au mensonge et au buzz continuel pour faire passer les pires saletés ou encore imposer une idéologie et de faire vivre le peuple sous le boisseau, et ça, j'espère encore qu'on s'en fout moins !
Cela démontre que le papier du philosophe Slavoj Zizek dans Le Monde de samedi est terriblement lucide et que les pantins qui nous vendait la "fin de l'Histoire", s'ils avaient une conscience, ne seraient pas entrain de faire les cadors alors qu'il reste tant de murs...
Difficile de savoir si c'est à force d'essayer de jouer avec les médias de transformer Internet en Minitel en couleur avec la même détermination qu'un Giscard voulant interdire les radios libres, mais force est de constater que le gouvernement se prend de plus en plus les pieds dans la toile, entre les blagues grasses et les dialogues de Nadine devant la Poissonnerie en passant par les #Jeansarkozypartout et les #Nicolassarkozypartout sur Touitteure ou encore la prise de guerre des Anti Hadopi. En tout cas, il apparait de plus en plus clairement qu'Internet est désormais un contrepoids qui suscite clairement cette haine à son encontre de la part de ces gens...
Difficile de savoir en effet, mais une chose est sure, c'est qu'il convient de ne pas lacher...

Et une photo (que j'aime beaucoup) qui n'a strictement rien à voir...

66_Paysage_Neyrac

Posté par Franpi à 19:08 - billet d'humeur variable - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

08 novembre 2009

Années 00 (teaser)

Au cas où vous ne l'aurez pas remarqué, dans les tristes agapes qui fêtent la fin d'un mur alors qu'il en reste tellement d'autres dont on se détourne, la décennie n'a plus que 52 jours à vivre, puis débutera celle qui me fera inexorablement passer dans la quarantaine...
Profitant de ce weekend pluvieux et brumeux d'agapes amicales, j'ai entrepris, après avoir vu ça, -mais nous en parlerons en décembre, au cas, peu probable, où une galette tomberai comme une évidence dans le peu de jour qui reste- de recenser les disques qui auront le plus compter pour moi dans cette décennie.
J'ai donc pour le moment présélectionné environ 80 albums que je vais essayer de réduire à 30, ou à 50, histoire de rendre hommage à la vacuité d'un classement commercial. Ceci se fera en ne tenant pas compte d'ordre particulier, de manière absolument subjective et sans tenter d'en tirer des conclusions définitives. Tout sera vu de ma fenêtre, comme je le fais tous les ans et comme je le ferai également pour 2009 (le classement est presque définitif !) en souhaitant qu'il porte débat dans les commentaires, parce que les discussions infinies et stériles sur les disques et les périodes font partie de mes jeux favoris.
Ce qui est marrant dans cette plongée en spéléo dans les milliers de galettes qu'il y a ici, c'est la rupture tranquille qui marque le fil des années, et la nette rupture que représente un début de décennie. 2001 a marqué un point d'éloignement quasi définitif avec le mainstream. Comme si le fait que le soleil se lève plus tôt sur le Chinatown de New-york avait d'un coup tout affadi.
A partir de 2001, dans ma discothèque, presque plus de Hip-Hop, par exemple... Quant à l'électro, sa lente déliquescence me semble palpable au fil des étagères, pour se tourner vers des sons plus organiques, improvisés et contemporains, et ne parlons même pas de la chanson française, aussi mince que le filet de voix des hérons asthmatiques...
Reste le Jazz, fidèle, avec ce renouveau de la scène européenne qui se perçoit clairement dès le début de cette décennie... On reparle de tout ça dans un mois !

Et une photo qui n'a strictement rien à voir, à moins qu'il se prépare quelque choses pour les '10 ?

14_Rainbow

Posté par Franpi à 19:56 - Travail en cours - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

07 novembre 2009

Samedi de Novembre

Une après-midi passée à écouter quelques bon disques de ce chouette label qu'est Budapest Music Center, et une courte sortie sous la pluie, voilà quel fut ce samedi de Novembre... Novembre à Rouen, ce n'est pas seulement la foire à neuneu qui aime à se retourner l'estomac et un vieux reste de neurones à Mach 1, c'est aussi une lumière changeante de minutes en minutes si le soleil veut bien s'en donner la peine... Alors ça ne sera qu'une petite photo aujourd'hui !

13_Rain

Posté par Franpi à 17:43 - billet d'humeur variable - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

06 novembre 2009

Anthony Braxton Creative Orchestra - Köln 1978

Il est des disques comme cela dont on coche la date de sortie. La reissue de cet enregistrement du Creative Orchestra d’Anthony Braxton faisait partie de celles-ci, tant le travail autour de ce Big-band est aujourd'hui considéré comme majeur.
Encore une fois, une réédition du multianchiste Anthony Braxton chez Hat-Hut permet d’analyser plus finement le travail foisonnant du chicagoan durant toutes ces décennies. On le sait, l’une des périodes les plus intéressantes dans l’œuvre de Braxton, si l’on exclut son récent travail sur les « Ghost Trance Series » ou les collaborations fructueuses avec la nouvelle garde New-Yorkaise (Mary Halvorson ou Taylor Ho Bynum en tête !), reste bien la seconde moitié des années 70, que ce soit le performance quartet de 1979 avec notamment le tromboniste Ray Anderson que l’on retrouve sur ce concert de Cologne en 1978, ou encore ce duo avec Max Roach en 79 au festival de Willisau.
Mais sur ces deux albums, Braxton intervient comme instrumentiste, alors que sur cet album du Creative Orchestra, formation de 20 pièces, il se focalise sur la direction. Le Creative Orchestra, tel qu’il est possible de l’entendre dans cet enregistrement au festival de Cologne en 1978 est l’une des formations les plus importantes du maître, celle qui lui a permis d’avancer dans sa conception musicale, et dans ce syncrétisme entre le free-jazz, les différents courants musicaux qui ont zébrés le jazz depuis les origines et certaines forme d’écriture des musiques savantes européennes qui viennent parsemer son écriture.
On pense ici notamment au travail de timbre entre le percussionniste Thurman Barker et l’accordéoniste Birgit Taubhorn dans la remarquable « composition 45 » avec ces ostinati lancinants qui portent une écriture pour orchestre extrêmement contemporaine (citons Stockhausen…), enchainant parfois des brisures de groove, avec la trompette d’un Kenny Wheeler dévastateur.
Dans cette entreprise, il faut noter également la richesse du travail de la pianiste Marylin Crispell ou du multianchiste Dwight Andrews, absolument remarquable dans la profondeur de son jeu de clarinette basse ; on pourrait également parler du rôle des trombones, le fidèle Ray Anderson en tête dans la structuration de la musique de Braxton…
Ce fameux syncrétisme, on le trouve déjà de mise dans le « Charlie Parker Project », certainement le projet plus récent de Braxton le plus proche de ce qui fut développé avec le Creative Orchestra, c'est-à-dire un exposé de ses créations complexes alliées à une volonté de rendre hommage, presque de faire allégeance à des musiciens tutélaires de l’expression musicale africaine-Américaine : Parker bien sur, dans les brisures de la composition 59 avec Vinny Golia au ténor, mais aussi ici les grands noms de l’écriture pour Big-Band comme Mingus et surtout Ellington.
Peu à peu, on croit même deviner une musique qui se tourne vers des rhizomes bien plus anciens, vers une forme abstraite et fiévreuse des fanfares de la Nouvelle Orléans sans pour autant tomber dans la démonstration, l’emphase ou la parodie, mais bien dans un travail de réécriture, de réinterprétation et de recherche d’un groove abstrait parfait…
Cette claque que Braxton nous envoie à 31 ans d’intervalle reste certainement l’une des portes d’entrée les plus aisée dans sa musique complexe et foisonnante.

Et une photo qui n’a strictement rien à voir...

63_Volet_Vals

05 novembre 2009

3ème Twittparty rouennaise

Il est de ces choses futiles dont on ne se lasse pas, et les rouennais utilisateurs de twitter se retrouverons dans quelques minutes au bar "le 3 pièces" pour échanger autrement qu'avec 140 caractères et en buvant des mojitos, ce qui n'est pas négligeable.
C'est marrant comme Internet invite à ces rencontre IRL. A l'époque ou je sévissais dans les forums, ce genre de rencontre, tout à fait sympathique se faisait régulièrement, et je m'y suis fait des amis chers ; vous les reconnaitrez, ce sont ces olibrius qui pourrissent agrémentent les pages de ce blog à mon grand plaisir et ont en général été traumatisé par les disques Hat-Hut partagé beaucoup de choses, au delà même du sujet qui nous réunissait !
Ce soir, rencontre avec le blogueur Narvic, de passage dans sa ville natale, qui va nous présenter de nouveaux outils 2.0, et notamment Cozop qui m'intéresse beaucoup. On en reparle !

Et bien sur, une photo qui n'a strictement rien à voir !

38_Antonin_5

Posté par Franpi à 18:43 - Sérendipité - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

04 novembre 2009

L'art comptant pour rien

"L'art comptant pour rien", c'est le bon mot asséné tout fiérot par notre ministre en papier bible dans le numéro hors-série de Technikart concernant l'art Contemporain. "Je ne serai pas le ministre de l'art comptant pour rien", dit il. On entendrait presque Bouvard pouffer.
Il est pourtant en charge, dans les appartements de la rue de Valois, de la musique et du spectacle vivant, qui sont bel et bien les parents pauvres, que dire, les parias d'une politique culturelle qui se résume partout et toujours à de l'affichage, de la communication et la promotion des arts plastiques. Il en est d'ailleurs ainsi depuis longtemps, sans que notre ministre en soit l'unique responsable. Pour une fois ne l'accablons pas, tout ceci est le fruit d'une longue histoire et d'une pensée dominante qui a fait de la peinture un patrimoine et de la musique un divertissement. En tant que ministre "des "vieilles pierres" dans un gouvernement réactionnaire, il ne pouvait donc en être autrement.
C'est un fait, "L'histoire de l'Art" est picturale ou sculpturale, et la musique est toujours traité à part, voire oubliée... Il est peu de dire que la musique est la part négligée de l'apprentissage et de la politique culturelle de ce pays. Faites le test : demandez autour de vous le siècle du peintre Delacroix (au hasard). Demandez ensuite le nom d'un compositeur faisant partie de ses contemporains !
Pour le reste, oublions les rodomontades condescendantes envers les musiques urbaines et populaires dans le fol espoir d'acheter la paix sociale, pour bien parler du soutien à toutes les musiques et surtout à celles qui ne profitent guère des financements encore réels de l'industrie chancelante du disque.
Parce que la musique, dans le mode de pensée dominant, c'est avant tout une industrie, et que pour les industries, c'est Hadopi qui est la réponse sur mesure. Peu importe de savoir -et de manière mille fois réitérées- que les téléchargeurs sont les plus gros consommateurs de musique ou que le modèle économique de la vente de musique est absolument dépassé. Tout le monde le sait, et les marchands de soupe les premiers. A terme le disque est voué à être défendu par des passionnés sur le modèle économique de la micro-brasserie et/ou servira aux artistes pour promotioner leur métier premier : la scène. Le disque n'est alors qu'un objet pour collectionneur (comme moi) ou une reproduction qui sert de carte de visite et qui doit donc se ventiler au maximum. On y revient.
Ce modèle économique coute cher si l'on veut que les artistes disposent des moyens nécessaires d'enregistrer correctement. Réduire ces coûts pour permettre à une création musicale nationale, européenne et internationale d'exister, c'est le rôle du mécénat public et notamment de l'Etat qui doit régler le problème des Intermittents, fondamental -tellement plus que la tartufferie Hadopi !- dans la prétendue crise !
Dans la manière institutionnelle et économique d'aborder la culture actuellement, le disque est considéré comme "un bien culturel" et pas comme une oeuvre à part entière indépendante. Si l'on veut bien se pencher quelques minutes sur cette problématique, il y a là-dedans un début de réponse aux questions que l'on ne nous pose pas. Soit entre oeuvre d'art et commerce.
Sans doute que les émotions ressenties devant un tableau du Caravage ou à l'écoute d'une oeuvre de Kodaly ou de n'importe quel disque pantheonisé ne sont pas de la même qualité ? Foutaises.
Il faut en finir définitivement avec "l'industrie" du disque. Une oeuvre enregistrée n'est pas majeure ou mineure vis à vis d'un tableau. Alors pourquoi on aurait droit de vendre dans le même temps des originaux, des lithographies, des reproductions, des posters ou des cartes postales de tableaux, voire de ventiler des affiches pour inviter à voir des expositions sans que ce soit une perte financière pour les plasticiens et qu'il n'en serait pas de même pour les musiciens avec des reproductions de leur musique ?
C'est tout l'enjeu d'une politique culturelle qui ferait de la musique autre chose que l'art comptant pour rien. Mais n'attendons rien du papier bible.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

61_Barrage_Mens

02 novembre 2009

Monniot et Chevallier sur Citizen Jazz

Deux articles à lire ce soir, concernant deux musiciens qui sont des musiciens bien aimés par ici : Christophe Monniot pour son magnifique "Vivaldi Universel (saison 5)" dont il m'a tardé de parler ici, tellement ce disque est une tuerie, mais aussi un retour plus complet sur le concert de David Chevallier "Is that Pop Music ?!?" qui a déjà été abordé dans ces pages...
"Le lyrisme tellurique de notre « Baby-boomer » humairien trouve donc sa pleine puissance dans l’évocation des Quatre Saisons. Mais il ne se limite naturellement pas à une simple évocation de Vivaldi et la construction de l’œuvre est très référentielle : on pense à Mike Westbrook, bien sûr, qui a livré une relecture de Rossini, mais mais aussi à Frank Zappa (...) à Stravinsky, à Kuczer, mais aussi aux Pyromanes de David Chevallier, lui-même toujours sur le fil entre jazz en liberté et musique contemporaine." Lire l'article complet sur Citizen Jazz...
"« Is that pop music ?!? » interroge, un brin provocatrice, l’affiche du concert. La question ne se pose pas longtemps : dès le premier morceau on se dit que U2 n’y retrouverait pas ses petits, ou alors passés au kaléidoscope de nos improvisateurs." Lire l'article complet sur Citizen Jazz...

Quant à la photo, le concert de David Chevallier avec Christophe Monniot s'imposait bien évidemment !

23_ITPM_12

01 novembre 2009

Denis Colin & la société des Arpenteurs - Subject to Change

Les retours de Denis Colin dans les colonnes de l'actualité du disque sont toujours des évènements mâtinés de plaisir. D'abord parce que le clarinettiste est depuis plus de 30 ans un musicien qui compte de la scène jazz européenne, mais aussi parce qu'il se fait rare et que chacun de ces albums recèle un souffle, une nouveauté qui irradie aussi profondément que les tirades de clarinette basse du leader. Parce qu'on ne peut parler de ce musicien sans évoquer ce son profond, tellurique qui le caractérise et que Subject to change expose tout aussi parfaitement que le remarquable album de clarinette basse solo que Colin avait sorti au tout début des années 90.
Denis Collin a joué aux USA (avec Shepp ou la scène de Minneapolis), avec la fine fleur des premiers free-jazzmen français (Tusques, Silva...). Depuis deux ans, il s'est attelé à fonder cette société des Arpenteurs en s'adjoignant des musiciens remarquables pour un résultat absolument réjouissant, plein de vie et d'enthousiasme, plein de cette communicabilité immédiate qui groove imperturbablement, renouant avec l'esprit de la "musique de combat" des "Unit" des années 70.
"Subject to change" n'est pas pas qu'une manifestation météorologique extraodinaire telle celle de la magnifique pochette : Colin a arpenté (à tous les sens du terme) les salles de concerts pour découvrir une jeune scène jazz époustouflante qu'il a convié dans cet album pour huit perles scintillantes où chacun des musiciens semble prendre sa part, et tendre vers un même but : servir une belle écriture qui fait bouger les pieds tous seuls, une musique souple et malléable comme ce tentet ouvert et riche, qui reste mouvant et innovant...
Dans la société des arpenteurs, Il est de ces musiciens que l'on retrouve d'ailleurs toujours dans les bons coups en cette année 2009 : c'est le cas du contrebassiste Stéphane Kerecki, remarquable de clarté et de rondeur dans "Yes et autres yes !" le morceau le plus remarquable de l'album où l'inestimable Sylvaine Hélary, toujours tranchante, boulversante et efficace quand il s'agit de donner des flûtes ou de la voix fait également miracle. Pour le reste, l'ossature solide va du clavieriste Benjamin Moussay, dont le rhodes n'en finit pas de sonner comme une moderne résurgence seventies et donne un son funky et urbain, au batteur Eric Echampard, venu apporté sa puissance dans ce projet. Mais globalement, A l'image du guitariste Julien Omé du Bruit du [sign] ou de Fabrice Theuillon le sax baryton du Surnatural, chacun des pupitres est absolument réjouissant !
Alors, si l'on ajoute à ça la présence en tant qu'invité de Tony Malaby sur quelques titres, on en arrive à une conclusion simple : il est d'ors et déjà dans les dix meilleurs albums de 2009 !

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

60_Plateau_2

Page suivante »