Sun Ship

Franpi, photographe et chroniqueur musical de Rouen, aime la photo, les concerts, les photos de concerts, la bière, les photos de bière, le Nord, les photos du nord, Frank Zappa et les photos de Frank Zappa, ah, non, il est mort.

03 juillet 2009

Jörgensmann & Koltermann - Pagine Gialle

Finalement peu connu en France, le clarinettiste Theo Jörgensmann est pourtant un musicien remarquable et un improvisateur hors-pair qui en fait l'un des instrumentistes les plus intéressants du jazz européen en liberté, qui puise ses racines tant dans les brisures d'Ornette Coleman et dans les dédales sensibles d'Anthony Braxton que dans les racines européennes de la musique savante. A noter également que Jörgensmann est un grand utilisateur de MySpace sur lesquel il laisse au moins une fois par semaine un morceau en cours de son travail en cours, et notamment celui d'un autre duo, "Deep down Clarinet" avec un jeune clarinettiste basse hallucinant, Ernst Deuker.
On avait vu, avec le quartet du clarinettiste, que son hommage à Ornette, Identité hybride, ne se laissait jamais enfermer dans une grammaire musicale stérile ni dans des vocables sans intérêt... Ce qui est le cas également dans ce duo que Jörgensmann mène avec le clarinettiste basse Eckard Koltermann et qui passe tour à tour d'une abstraction jazz tellurique à des circonvolutions chambristes.
Cette conversation entre clarinettes atteint parfois des sommets et ce disque, enregistré en 2002 chez Hat-Hut, soit à la fin d'une collaboration de plus de vingt ans ensemble reste un témoignage passionnant. La clarinette basse de Koltermann convoque des forces vibratoires comme seul, peut être cet instrument sait en porter... Autour de cette lourde présence, ce colosse sur des pointes, Jörgensmann enroule sa clarinette en rythmant son propos au claquement des tampons des clés. Tour à tour, chacun des musiciens semble devenir le satellite de l'autre dans une course sans fin, électrostatisme d'une musique en mouvement.
Pagine Gialle, les pages jaunes en italien, ne renseignent pas forcément sur le numéro des plombiers polonais, mais évoque bien plus la palette de couleur de ces deux musiciens qui libèrent leur improvisation en touche coloriste et surtout pointilliste.
Dans les notes de Pagine Gialle, Peter Niklas Wilson parle de "third Stream", tel que le concevait Gunther Schuller. A ceci près peut être que Jörgensmann ne tente jamais de fusionner les musiques, mais plutôt de les assimiler comme un puzzle, de les faire communiquer les pièces et les ambiances, d'harmoniser le dialogue plutôt que d'essayer d'évoquer un volapuk sans intérêt. C'est toute la force de cette musique envoutante qui transporte tant par sa force que par son intelligence...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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02 juillet 2009

En vrac (et pas qu'à cause de la chaleur)

Comme c'est à moitié les vacances, qu'il fait trop chaud et que je suis pris d'une flemme toute juilletiste, je vais renouer avec quelques liens sans queue ni tête, que j'ai notamment trouvé sur touitteure, qui est décidément un robinet à lien absolument inutile, et donc indispensable !
Le premier concerne Hadopi, en général... Création Public Internet est un groupe de réflexion sur une alternative économiquement réaliste à la loi que le gouvernement a décidé de ne pas lâcher... Les premières propositions sont là, en PDF... Hadopi qui me fait songer que Club-Internet -paix à son âme- avait une sacrée vision anticipée de la loi Hadopi et des époques troublées par la Haine des nouveaux médias.
Par ailleurs, je vous invite à lire le débat qui est né sous l'un de mes précédents billets, et notamment la discussion sur la musique populaire...
Et enfin un générateur à la con. Je pense que je n'avais jamais trouvé plus con, en fait !

Et bien sur, une photo qui n'a strictement rien à voir !

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01 juillet 2009

Pifarely/Bon - Peur

Il y a toujours eu un lien très fort entre le jazz et la poésie. Le jazz et la littérature, la création d'une musique en mouvement et la vitesse du mot. Il y a un lien fort, direct, définitif entre l'improvisation et le mot, entre la phrase lancée d'un trait et la ligne tenue de l'instrument. Cette fraternité est une évidence. Il faut juste trouver l'écrivain, le poète suffisamment rythmique pour libérer un texte en donnant de l'instrument de sa voix. Ni de la chanson, ni du happening. Juste une scanssion qui vient s'enrouler autour des improvisations des musiciens.
Peur, projet d'une rare tension où François Bon se lance dans ce qu'il appelle un "étrange alliage" entre musique et mot, un entre deux riche d'image, est de ceux-là. Il y a d'abord un étrange malaise, une force qui se libère de l'improvisation d'un quintet où l'écrivain est un instrumentiste créant avec le groupe. Peur est une forte expérience.
François Bon est un écrivain, animateur du tiers livre et militant incontournable de la littérature ouverte à tous, tant dans la publication numérique que dans l'organisation d'ateliers d'écriture, notamment dans des lieux socialement relégués. Passionné de musique, il a déjà participé à différents projets, et notamment un travail autour des Stones avec Vincent Ségal... Peur, en collaboration avec Dominique Pifarely, magnifique violoniste que l'on avait pu découvrir dans l'excellent Next de François Corneloup, est donc une improvisation collective où seul les mots sont écrits. Dans le quintet, on retrouve un Corneloup qui donne d'ailleurs de son meilleur baryton, accompagné par le batteur Eric Groleau que l'on avait pu voir sur l'album "Le maigre feu de la nonne en hiver" chez Chief Inspector. A ceux-là s'ajoute un acousticien, Thierry Balasse, qui donne cette atmosphère si particulière à l'album.
S'il doit être question de musique urbaine, Peur en est une magnifique illustration, tout de noirceur et d'acidité. Le texte se promène en beauté dans des rues impersonnelles et des lignes de fenêtres où l'on ne s'évade qu'en rêvant, en luttant ou en se laissant plus berner d'illusion sur un monde fantoche.
Les images égrennées par Bon d'une voix blanche, travaillées, relayées par les tirades électriques de Pifarelly emmène son quintet dans des directions parfois brisées, dans des coins sombres, des lieux où l'électronique de Balasse ne semble accentuer encore cette sorte de malaise, entre agitation et inquiétude. C'est dans ce contexte que Corneloup offre un jeu en retenue, parfait contrepoint qui attise un Pifarely enflammé. L'improvisation se construit en tension autour d'un texte indocile qui sert une musique turbulente et d'une beauté brute.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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30 juin 2009

Canicule

En rentrant ce soir, accablé de chaleur et avec la seule envie de me coller sous un pluie d'eau glacée avant un rhum-coca qui ne pourra être que salvateur, espérant retrouver l'herbe verte et les vaches du plateau ardéchois dans quelques jours, je pensai que j'allais être motivé pour parler musique : j'ai quelques galettes sympathiques... Mais comme la chaleur me pèse et me ralentit, je n'en ai guère été capable : il fallait que je finisse quelques articles pour Citizen Jazz (et notamment une chronique de l'hommage à Kodaly du Mihaly Borbely Quartet que je n'arrivai pas à boucler et dont on reparlera très vite !), que je réponde aux débats passionnants qui se font jour...
Alors ce soir, une petite photo, c'est tout. Le blog prend ses quartiers d'été ! durant le mois de juillet et d'août, au delà des congés annuels rituels vont revenir les racines du bien et les ballades photographiques...

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29 juin 2009

L'industrie de la balle dans le pied

Ce qui est bien avec la mort de Bambi, outre de permettre de confirmer l'attirance malsaine pour le factuel clinquant de nos médias de masse -et de faire grimper les stats de Sunship !-, c'est de mettre un peu plus en lumière le cynisme intégral des grandes majors qui tournent en rond sur quelques artistes calibrés surfant sur la même vague depuis les années 80. Il y eut dans les nineties une petite révolution de palais avec l'arrivée du Hip-Hop et d'une musique électronique inventive et libre se développant sur des réseaux parallèles, mais les majors ont usées de leur grand pouvoir de nuisance pour réduire cela au silence.
Pendant ce temps, donc, plusieurs articles sur le net permettaient une analyse du phénomène de la "crise du disque" dont on nous rebat les oreilles. En raccrochant les wagons de ceux-ci, on peut en retirer une constatation assez sybilline : la crise du disque est un magnifique prétexte pour la standardisation des goûts et la fidélisation d'un public captif, peu curieux et surtout qui ne porte à la musique qu'une valeur de code (social, vestimentaire, communionaire).
L'article de BBB est à ce titre un exemple très parlant d'une industrie qui ne voit plus dans la musique qu'un support ludique d'autres moyens de communication commerciale. Dans les clips des années 80, on voyait une bouteille de Pepsi. Aujourd'hui, c'est le produit qui fait vendre la musique, quand elle n'est pas donnée en échange. Plus qu'un changement radical de l'objet vendu, c'est un renversement total de la philosophie même de la soit-disante industrie culturelle : ce n'est plus le produit qui sert la musique, mais l'inverse.
La crise du disque n'est pas la crise de la musique, mais la crise de la standardisation.
Comme le révèle cet article du Guardian dont l'exégèse est faite sur Fluctuat, ce n'est plus que les amateurs de pop achètent moins de disques qu'avant. C'est que le rapport qualité-prix d'un disque mainstream, où seul la chanson qui aura servi à vendre le téléviseur ou le yaourt a un intérêt ne fait plus le poids face à d'autres produits culturels moins "kleenex" comme des jeux vidéos... On rejoint la même constatation que précédemment : la standardisation, le recours massif à l'auto-tune qui permet de vendre des produits qui n'ont même plus besoin d'avoir ne serait-ce qu'une once d'approche musicale a fait dépérir un marché qui n'est plus attractif pour autre chose que de vendre des meubles en kit ou des sous-vêtements vulgaires pour danser dans les campings.
Bref, de l'espace disponible.
A ce niveau, une deuxième constation s'impose : L'industrie musicale de masse ne fait absolument plus le même métier que les labels indépendants et les passionnés. Il faudrait donc que ces gens, et notamment sur des sujets aussi grave que le droits d'auteur cessent de se réclamer de l'industrie culturelle. Quand on produit de la musique pour vendre des lunettes de soleil, on n'est pas producteur, on est oculiste...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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27 juin 2009

Z'avez pas vu Bambi ?

Sauf à débarquer d'un vaisseau piloté par Sun Ra et qui aurait fait le tour de la galaxie en 48 heures, vous ne pouvez pas avoir manqué l'information concernant la seconde mort de celui dont l'activité musicale récente aura donc été d'essayer de liquider les droits des Beatles.
Que l'on ne se détrompe pas, il ne s'agit pas de faire une épitaphe en forme de crachat sur un artiste de pop, ni meilleur ni plus mauvais qu'un autre, tant les produits sont lisses et manufacturés.
Michael Jackson fut un très bon danseur. Mais comme on fait rarement des disques de danse, il lui aura fallu s'entourer, ce qu'il fil fort bien pendant 15 ans. Il y a dans la discographie de Jackson d'excellents morceaux, tant qu'il était cornaqué par Berry Gordy ou par Quincy Jones. Pour le reste, il suffit de regarder Miles, George Clinton ou Prince pour comprendre qu'on ne lui aura fait que recycler en marketing pour soda les ponts jetés entre les musiques pour les couper derrière lui au nom du sacro-saint mainstream. Ne parlons pas de la chanson humanitaire élevée au rang de 10ème art, c'est déjà fait.
Voila ce qui agace dans la flagornerie grotesque qui semble s'être emparé du monde entier... Il y a même des journaux pour parler du "11 septembre de la pop-culture"... Il y a des gens qui devraient songer au ridicule confit de leurs envolées lyriques quand elles seront lus par les historiens.
Le 11 septembre de la pop-culture, c'est un jour sans fin depuis que les marchands de soupe ont fait de la musique un produit. Les larmes de crocodiles se sècheront vite. Lorsque Prince mourra, il aura deux lignes et 1'30 dans les grands journaux... Quand un journal de masse vous parle "d'incroyable talent", comptez-le avant tout en nombre de disque d'or...
C'est encore avec le journal de 20h de France 2 d'hier que les sommets sont atteints. C'est le journal le plus symptomatique de ce qu'est devenu le média de masse ; la soupe n'est plus servie, elle est passée à l'entonnoir.
Direct.
36 minutes. C'était la durée du journal. Dans un monde où il y a une révolte en Iran, un président qui décide seul d'un référendum déjà voté en 2003, des tensions au Niger ou au Honduras ou encore des licenciements partout, lorsqu'il est question de la mort de l'employé du siècle de l'industrie musicale, cela dure 25 minutes ! 25 minutes parmi lesquelles les images d'archives se succèdent aux hommages poisseux, avec Philppe Manoeuvre en fil rouge... Belle reconversion pour celui qui est entrain de devenir le Léon Zitrone de la pop-culture !
Voilà, Bambi est mort ; ca me fait froid dans le dos de penser qu'un jour ça arrivera immanquablement à Jaunie.

Et une photo qui strictement rien à voir. Tant mieux pour elle.

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26 juin 2009

Elise Caron & Lucas Gillet - A thin sea of flesh

Elise Caron est une voix, une personnalité et une présence. Dans un monde parfait, Elise Caron serait incontournable, définitive, adulée par les foules. Il n'en est rien et l'on se pâme ici et là sur Céline Dion. Le monde n'est pas parfait et Elise n'a un succès magistral que pour les salles qu'elle a envouté. Heureusement, elle sont nombreuses.
Femme de scène, chanteuse capiteuse à la fois douce et vénéneuse, capable de toutes les interprétations et de tonnes d'expressions dans la voix, Elise Caron choisit ses projets et les fait vibrer, les sublime et les habite. Des projets souvent tournés vers la littérature, la poésie, le mot monté en joyau sur une voix sublime : Archimusic et Sade, John Greaves... Tout ça, je l'ai déjà dit ; découvrir Elise Caron dans ses projets jazz et chanson est une claque d'où l'on ne revient jamais vraiment.
Dans le projet qu'elle signe avec le compositeur Lucas Gillet, remarquable compositeur, le propos se renouvelle encore. A thin sea of flesh, un fine mer de chair définit dans son titre le propos : une musique organique qui flotte dans les limbes de Dylan Thomas. Une musique effacée parfois qui emmène Elise sur des champs qu'elle a parfois tangenté : ceux de Wyatt ou de Marcoeur, d'une musique sensible et fragile comme du verre chauffé à blanc.
Il y a de la passion et de la terre dans les musiques de Gillet comme dans les poèmes de Dylan Thomas qui servent de cadre à l'album. Un Dylan Thomas qui vécut vite et offrit une poésie légère comme l'air qui s'inscrit parfaitement dans le propos de l'album.
On oscille parfois entre une pop arty et de fines abstractions de jazz dans lesquelles Elise Caron se ballade entre naturel et évidence, chaleur et raffinement... Avec d'autres interprètes, tout ceci aurait pu être froid, distancié, cérébral. Mais Elise Ne tombe pas dans l'ornière de l'icône arty pour tracer sa route musicale.
"And Death shall have no dominion" dit l'un des morceaux, peut être le plus beau... C'est la chaleur de la voix d'Elise qui l'en aura chassé.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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25 juin 2009

Relié pleine-peau

Il est de bon ton de se goberger sur la nomination d'un vrai lettré au ministère de la Culture, ce qui, il est vrai n'était pas arrivé depuis Jacques Toubon longtemps.
Mais la question est de savoir si ça changera quelque chose. On sait le bonhomme fan d'Ozu et de Visconti, connaisseur d'un jazz de facture classique, féru d'art contemporain, de littérature classique...
Sur le fond, cela n'en prend pas le chemin ; je doute qu'il y ai quoi que ce soit de remis en cause sur La lettre, qui explique en partie le marasme culturel et, disons le mot, la haine du fait culturel tel qu'on peut le voir depuis longtemps dans les milieux qui trouvent du charme au pouvoir.
Les questions centrales resteront le droit d'auteur, le financement des projets culturels visant à la cohésion sociale et la transformation de la société et le régime des intermittents.
Au mieux, n'attendons rien. Le nouveau ministre ne changera sans doute rien à la politique hadopiste et les artistes qui essayent de griser les villes bistres d'ennui se feront toujours traiter de pouilleux sur les forums de la pensée en boîte de Libéro et Figation...
En fait, ce ministre, je le vois un peu comme un livre en papier bible, relié pleine-peau, casé dans une bibliothèque ouvragée en bois précieux des colonies de la République, elle-même installée dans un bureau ministériel : c'est décoratif, personne ne l'ouvrira jamais, ça créé de la distance avec le visiteur, ça jaunit de poussière et ça impressionne le cuistre.
C'est une conseillère qui décrit le mieux la situation de la culture en France, finalement peut-être malgré elle dans cette interview. "[Le Président] est là, comme il est ailleurs : quand il lit Maupassant, il lit tout Maupassant" (a-t-il souffert sur Bel-ami ?). La Culture en France en est là. On lit "tout Maupassant" et on subventionne moins les festivals.
Et ce n'est pas un beau livre, a fortiori "L'intermède Romain" de Drieu La Rochelle qui y changera quelque chose.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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23 juin 2009

Vian

Voilà donc 50 ans que Boris Vian n'est plus de ce monde, même s'il flotte certainement dans quelques limbes pataphysiciennes.
C'est étrange, parce que je me dis depuis un mois que je me dois de faire un papier sur Vian, et au moment de me mettre devant le clavier, je peine à trouver mes mots. Vian, reste un incontournable.
50 ans, et il suffit de se replonger dans ses chroniques de jazz pour comprendre qu'il a absolument révolutionné la forme littéraire de la chronique musicale et la note de pochette (le truc qui n'existe pas avec les MP3...). 50 ans, et il suffit de lire ses foutages de gueules homériques d'Hugues Panassié et sa triste haine du bibope pour regretter qu'il n'ai jamais pu se prendre de face les souffles catharsiques du frijazze. 50 ans et il suffit d'entendre la voix séminale de Magali Noël qui chante "Nous avions 20 ans" pour sentir une petite pointe de nostalgie. Eternelle.
Je me penche, je plonge de nouveau depuis quelques semaines dans les romans, les chansons, les poésies aussi... Je ne peux toujours pas lire l'Ecume des Jours sans une petite brume dans les yeux, et au risque de me répéter, le rythme des chronique de disque est un modèle d'école. Lorsqu'on parle des grands chroniqueurs ricains de Rolling Stones, de Pacadis ou de Bayon, il serait également loisible de relire les chroniques libertaires et d'une précision d'épithète parfaite de Boris Vian.
Sans l'écume, lu à 12 ans, piqué dans la bib maternelle au hasard, je n'aurai peut être jamais aimé le jazz, acculturé par ricochet, même si c'est venu plus tard...
Et sans tout le reste, je ne serai peut être pas entrain de taper sur ce clavier.
Alors, comme il n'aurai pas voulu crever sans avoir vu les singes à cul nu, dévoreurs de tropiques...

Ben voilà.

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Posté par Franpi à 18:20 - Célébration - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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22 juin 2009

Touitteure

j'ai utilisé Twitter suite à sa présentation par une utilisatrice qui en a elle même un regard très distancié. J'y ai trouvé mon compte, tout en partageant son opinion.
Twitter est agréable en tant que résurgence d'un web détendu tel qu'il n'existe plus dans les forums. Soit un espace de babillage informel qui permet cependant de choper des liens intéressant auprès d'internautes plus ou moins concernés par les mêmes choses, tout en continuant à badiner et à persifler dans un mode d'écriture frisant parfois l'aphorisme.
Bref, on s'y amuse bien, avec des gens de bonne compagnie en pouvant s'offrir le luxe d'éviter les trolls et c'est finalement le principal...
Des "réseaux sociaux", j'en utilise donc deux : MySpace parce que c'est là qu'on fait la meilleure place aux artistes et surtout aux musiques de marge, et désormais Twitter, plus par suivisme et mauvais esprit qu'autre chose, je dois bien l'avouer...
Twitter reste encore plus un cimetière que les forums, et j'ai peur que nos marchands de soupe éditoriaux ne s'en serve comme d'un magnifique bâton à tordre dans l'autre sens encore plus efficace que les autres, sur le mode des "zinternautes qui veulent du factuel et de la concision". Il n'y a qu'à voir les récents emballements médiatique sur Twitter et l'Iran pour comprendre qui s'agit là de justifier le fait de rester au bureau...
Tout ça pour dire que demain mardi 23/06, je participe à la première Twittparty -mon dieu- organisée à Rouen, au 3 Pièces, à partir de 19h30... Pour le plaisir notamment de retrouver des gens que j'aime bien !

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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Posté par Franpi à 18:34 - billet d'humeur variable - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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